La Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques (EFPIA) a dévoilé, mercredi 7 mai, deux rapports qui ne montrent « aucun changement dans l'accès aux médicaments pour des millions d'Européens ».
La perpétuelle inégalité d'accès aux médicaments nécessite une action rapide de la part de multiples partenaires pour remédier aux retards, selon l'EFPIA.
L'indicateur W.A.I.T. (https://aeur.eu/f/gp9 ) fournit une analyse complète de 173 nouveaux médicaments approuvés entre 2020 et 2023. En 2024, en se basant sur la moyenne de l'UE à 27 États membres, les données montrent que : - moins de la moitié (46%) des médicaments innovants approuvés au niveau central étaient accessibles aux patients – contre 48% en 2019 ; - seulement 29% des médicaments étaient pleinement accessibles grâce au remboursement public, en baisse par rapport à 42% en 2019 ; - 17% des médicaments n'étaient disponibles qu'avec des restrictions, contre 6% en 2019.
Le délai moyen entre l'approbation et l'accès au patient a désormais atteint 578 jours – soit plus d'un mois de plus qu'en 2023.
Les disparités entre pays restent importantes : l'Allemagne est le pays le plus rapide, avec un délai de 128 jours, tandis que les patients portugais attendent désormais le plus longtemps, avec 840 jours. Tous les domaines thérapeutiques sont touchés, y compris les traitements contre le cancer, les médicaments orphelins et les thérapies combinées, dont le délai moyen d'accès a encore augmenté. Le délai moyen pour les produits oncologiques est de 33 jours plus long que dans le rapport de l'année dernière et de 66 jours plus long que pour le groupe de 2022.
Le rapport CRA (https://aeur.eu/f/gp8 ) sur les causes de l'indisponibilité explore les raisons de ces disparités (processus réglementaire lent, démarrage tardif de l'évaluation de l'accès au marché, exigences de preuves redondantes, retards de remboursement). Ces facteurs sont ancrés dans les systèmes d'accès aux médicaments des États membres de l'UE et ont un impact sur les décisions commerciales, selon le rapport.
L'eurodéputé Laurent Castillo (PPE, français) estime que les rapports montrent que la France doit prendre ses responsabilités. Pourquoi, sur les 173 médicaments innovants autorisés au niveau européen entre 2020 et 2023, près de 40% sont inaccessibles pour le patient français ? - s'interroge-t-il. Pire, 71% des médicaments innovants pour traiter le cancer ne sont soit pas pris en charge, soit pas autorisés en France, souligne M. Castillo. (Lionel Changeur)