Réunis en session plénière à Strasbourg, mercredi 7 mai, les eurodéputés ont donné leur aval au rapport de Tonino Picula (S&D, croate) sur la Serbie, et plus précisément sur son chemin vers l'adhésion à l'Union européenne.
Le rapport dénonce « l'absence de progrès globaux » de Belgrade dans plusieurs domaines de réformes « critiques », tels que l'État de droit, l'administration et l'alignement sur la politique commune de sécurité européenne (EUROPE 13547/2).
Par ailleurs, « la Serbie refuse systématiquement de s'aligner sur les politiques de l'UE », n'a pas manqué de rappeler Tonino Picula à la tribune.
Le texte insiste sur la nécessité pour le pays de réaliser des progrès tangibles sur le dialogue Belgrade-Pristina (EUROPE 13566/34), dont « le rythme général des négociations d'adhésion continue de dépendre ».
Malgré une « situation politique complexe » et de « graves lacunes » dans le respect de l'État de droit, le rapporteur du texte ainsi que nombre de ses collègues députés issus du centre, des sociaux-démocrates et du PPE, ont réitéré leur soutien à l'intégration de la Serbie dans l'UE - mais sous conditions.
« Le régime d'Aleksandar Vučić ne peut pas intégrer l'Union européenne en l'état », a martelé Helmut Brandstätter (Renew Europe, autrichien), rejoint par son collègue Thijs Reuten (S&D, néerlandais), qui estime que le « véritable problème » vient de la « volonté réelle du gouvernement actuel d'avancer vers l'UE ».
« Nous devons être impartiaux dans notre processus d'adhésion, pas neutres », a-t-il rappelé à la commissaire chargée de l'Élargissement, Marta Kos, présente dans l'hémicycle.
Quant aux amendements déposés par la droite radicale pour s'opposer à la future intégration de la Serbie au sein de l'UE, tous ont été rejetés lors de la période de vote. Le rapport a été adopté par 419 voix pour, 113 contre et 88 abstentions.
Lors de la conférence de presse, Tonino Picula a réitéré l'avertissement déjà émis par la Haute Représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, sur la participation au défilé russe du 9 mai (EUROPE 13621/5). « Quelqu'un qui prétend diriger un pays démocratique et en chemin vers l'UE ne peut pas se retrouver aux côtés de Poutine pour sa parade », s'est-il insurgé.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/fl8 (Isalia Stieffatre)