La fin de l'année 2024 aura été marquée par plusieurs avancées notables au regard du processus d'élargissement de l'UE. Lundi 16 et mardi 17 décembre, en marge du Conseil 'Affaires générales' (GAC), se sont tenues deux Conférences intergouvernementales (CIG) avec l'Albanie et le Monténégro.
Ces deux réunions marquent les progrès réalisés par les deux pays dans leur chemin vers l'UE. Là où l'Albanie ouvre le sixième groupe de chapitres (cluster) des acquis, relatif aux relations extérieures, le Monténégro ferme trois chapitres supplémentaires sur les 33 déjà ouverts.
Au GAC, les Vingt-Sept se sont accordés sur des conclusions qui, sans préjuger des futures discussions concernant l'ouverture ou la fermeture de groupes de chapitres avec les pays candidats, font un point général sur les avancées de chacun et les attentes de l'UE.
Les États membres ont approuvé une lettre invitant la Serbie à soumettre ses positions de négociation pour les chapitres 16 et 19, qui font partie du cluster 3 lié à la compétitivité et la croissance. Il s'agit d'un premier pas avant son ouverture formelle.
Monténégro. La dix-septième CIG avec Podgorica s'est tenue lundi 16 décembre en fin de journée et a débouché sur la fermeture de trois nouveaux chapitres (7, 10 et 20). Une première depuis plus de sept ans.
« Le Monténégro attend l'adhésion à l'UE depuis 16 ans. Tous les chapitres ont été ouverts, mais aucun n'a été fermé au cours des sept dernières années. Sous la Présidence hongroise du Conseil de l'UE, nous avons réussi à clore trois chapitres de négociation, ce qui marque une avancée significative dans le processus d'adhésion », s'est réjoui Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce.
De leur côté, les Vingt-sept estiment également que, dans l'ensemble, Podgorica a « satisfait aux critères de référence provisoires pour les chapitres 23 et 24 relatifs à l'État de droit », ce qui représente une « étape importante dans le début d'une nouvelle et dernière phase des négociations d'adhésion ». Les futures négociations dépendront des réformes engagées dans ce domaine.
Albanie. « Nous avons réalisé en deux mois plus d'avancées qu'en 15 ans », s'est félicité Péter Szijjártó, au nom de la Présidence hongroise du Conseil de l'UE. Lors de la conférence de presse à l'issue de la réunion, Edi Rama, le Premier ministre albanais, a réitéré le souhait de son pays de réussir à intégrer l'UE « d'ici la fin de la décennie ».
« Nous réalisons très bien qu'il y a encore beaucoup de travail à accomplir, mais nous prenons ces avancées comme des encouragements pour le chemin déjà parcouru », a-t-il assuré.
Le cluster 6, qui regroupe les chapitres 30 (Relations extérieures) et 31 (Politique étrangère, de sécurité et de défense), est le dernier à être ouvert lors du processus d'adhésion.
Marta Kos, la commissaire chargée de l'Élargissement, a qualifié d'« étape importante » cette ouverture, tout particulièrement au regard du contexte géopolitique actuel : « C'est un signal politique très fort que nous envoyons », a-t-elle remarqué.
Conclusions sur l'élargissement au GAC. Les ministres des Vingt-sept ont approuvé les conclusions sur l'élargissement, sans y apporter de modifications majeures par rapport à la dernière version qu'Agence Europe avait pu analyser (EUROPE 13546/3).
Concernant la Serbie, si les États membres se sont entendus pour envoyer la lettre de positionnement pour les chapitres 16 et 19, les conclusions validées signalent que le Conseil prend « acte de l'évaluation de la Commission selon laquelle la Serbie maintient son niveau de préparation en ce qui concerne les critères de référence », mais ne devrait y revenir « que lors de nouveaux progrès substantiels accomplis », en particulier dans les réformes liées à l'État de droit et des relations bilatérales avec le Kosovo (EUROPE 13536/9).
Les ministres rappellent également leur soutien au processus d’adhésion à l’UE de l’Ukraine et de la Moldavie, soulignant les progrès réalisés, malgré les conditions difficiles dans ces deux pays, lesquels pourraient ouvrir leurs premiers clusters de négociations d’adhésion au premier semestre 2025. À l’inverse, ils soulignent leur préoccupation concernant la Géorgie, qui s’éloigne de l'UE.
Enfin, le Conseil explique l’intérêt stratégique de l’Union à une relation mutuellement bénéfique avec la Turquie, tout en rappelant ses préoccupations concernant la situation de la démocratie, de l'État de droit et des droits fondamentaux, et la nécessité de bonnes relations de voisinage.
Voir les conclusions : https://aeur.eu/f/eum (Isalia Stieffatre avec Camille-Cerise Gessant)