La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a plaidé, mardi 17 décembre, pour une intensification des relations entre l’UE et le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS).
« L’Europe est prête à faire sa part pour soutenir la Syrie dans cette conjoncture critique. (…) Nous devons intensifier nos efforts et poursuivre notre engagement direct avec HTS et d’autres factions », a-t-elle souligné lors d’un point presse à Ankara avec le président turc, Recep Tayyip Erdoğan.
Depuis Strasbourg, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, a annoncé que l’UE était prête à rouvrir sa délégation à Damas. « Nous voulons qu'elle soit de nouveau pleinement opérationnelle », a-t-elle déclaré, rappelant qu’il ne fallait pas laisser un vide en Syrie et que l’UE devait être présente.
Selon Mme von der Leyen, l’UE va renforcer son engagement dans la relance rapide, « notamment en matière de services de base, comme l’électricité et l’eau, et d’infrastructures ». Rappelant que l’Union était le plus grand donateur de la Syrie, elle a estimé qu’il fallait poursuivre le soutien « en mettant l’accent sur la reconstruction, ce qui se fera étape par étape ».
« Nous devons également entamer une discussion sur l’allègement des sanctions. Mais cela ne peut se faire que si de réels progrès vers une transition pacifique sont constatés sur le terrain », a-t-elle prévenu. La veille, Mme Kallas avait expliqué avoir discuté avec les ministres des mesures qui pourraient être prises en réponse à des pas positifs des nouvelles autorités syriennes (EUROPE 13546/1).
M. Erdoğan a estimé que la Syrie devait se relever rapidement « avec le soutien ferme de ses voisins, des pays amis et frères et le soutien ferme de l'UE et des organisations internationales ». « La communauté internationale n'a malheureusement pas apporté et n'a pas pu apporter suffisamment de soutien au peuple syrien pendant les 13 années de massacres qu'il a subis. Il est désormais possible de compenser cela. Le moyen d'y parvenir est de soutenir les efforts de reconstruction et de développement de la Syrie », a-t-il ajouté.
Mme von der Leyen a en outre estimé qu’il fallait rester vigilants face au terrorisme. « Le risque d'une résurgence de Daesh, notamment dans l'est de la Syrie, est réel. Nous ne pouvons pas la laisser se produire », a-t-elle prévenu. Expliquant que les préoccupations légitimes d'Ankara en matière de sécurité devaient être prises en compte, Mme von der Leyen a rappelé qu’il fallait permettre à tous les Syriens, y compris toutes les minorités, sous-entendu les Kurdes, d'être en sécurité.
Rappelant que la Turquie avait été « le seul pays, le seul allié de l'OTAN » à avoir vaincu Daesh et le PKK sur le terrain, M. Erdoğan a prévenu qu'il ne permettrait « certainement pas à ces organisations de prospérer. Il n’y a pas de place pour Daesh ou le PKK et ses dérivés dans l’avenir de notre région ». (Camille-Cerise Gessant)