Malgré les « aspirations démocratiques et pro-européennes d’une grande partie de la société turque », le gouvernement turc n’ayant pas pris les « mesures nécessaires pour remédier aux lacunes démocratiques fondamentales existantes » dans le pays, le Parlement européen a rappelé, mercredi 7 mai, que le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE ne pouvait reprendre dans les circonstances actuelles.
Dans le rapport de Nacho Sánchez Amor (S&D, espagnol) qu’ils ont adopté (367 voix pour, 74 contre et 188 abstentions), les députés européens soulignent que le gouvernement turc continue de faire preuve d’un manque flagrant de volonté politique pour mener les réformes nécessaires à la relance du processus d’adhésion.
Le Parlement fait part de ses préoccupations concernant la détérioration continue des normes démocratiques et la répression incessante contre les voix critiques, dénonçant la décision d’organiser, le 3 avril dernier, le premier dialogue économique de haut niveau entre l’Union et la Turquie depuis 2019 en dépit des circonstances. Le PE exhorte les autorités turques à mettre fin aux graves restrictions actuelles aux libertés fondamentales, notamment aux libertés d'expression et de réunion.
Pour les députés européens, au-delà du processus d’adhésion, « la Turquie est un pays d’importance stratégique, un partenaire clé pour la stabilité de la région au sens large, et joue un rôle important dans la résolution des problèmes de sécurité, la gestion des migrations, la lutte contre le terrorisme et la sécurité énergétique ». Reconnaissant la présence et l’influence croissantes du pays, allié de l’OTAN, dans des zones cruciales pour la sécurité internationale, le PE souligne l’importance de renforcer la coopération en matière de sécurité mondiale.
Il prévient cependant que l’engagement constructif d’Ankara sur la question chypriote demeure essentiel pour promouvoir une coopération plus étroite avec l’UE et condamne la visite, la semaine dernière, du président turc dans le nord de l'île.
Les eurodéputés exhortent également le gouvernement turc, les institutions de l’Union et les États membres à continuer d’œuvrer en vue d’un partenariat plus étroit, plus dynamique et plus stratégique, en mettant l’accent sur l’action pour le climat, la sécurité énergétique, la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et la stabilité régionale. Le PE promeut aussi un partenariat plus approfondi dans tous les secteurs économiques, appelant à la suppression de toutes les barrières commerciales et de tous les irritants existants.
Voir la résolution : https://aeur.eu/f/gox (Camille-Cerise Gessant)