Le nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz, et le président français, Emmanuel Macron, ont affiché leur volonté de renforcer la coopération bilatérale pour contribuer au renforcement de la souveraineté européenne, mercredi 7 mai à Paris, à l'occasion du premier déplacement de M. Merz dans ses nouvelles fonctions et à la veille du 80e anniversaire de la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd'hui, nous convenons d'« ouvrir une nouvelle page de l'amitié franco-allemande » en faisant en sorte que, « systématiquement, l'action se construise ensemble » pour répondre aux défis que l'Europe affronte, a indiqué M. Macron.
En matière de défense, le tandem franco-allemand prône le renforcement des capacités militaires des États membres, en tant que pilier européen de l'OTAN, à travers « une préférence européenne dynamique », la réduction des dépendances stratégiques et le développement de l'interopérabilité technique, dans une tribune commune publiée dans des médias français et allemands. Il n'acceptera jamais qu'une paix soit imposée à l'Ukraine.
M. Merz s'est redit prêt à étudier la proposition de M. Macron que la dissuasion nucléaire française contribue à la sécurité allemande, notamment lors de discussions au sein des Conseils de sécurité conjoints. Et il a considéré que les garanties de sécurité que les Européens apporteront à l'Ukraine devront intervenir en complémentarité avec le maintien d'une implication des États-Unis.
MM. Macron et Merz ont paru sur la même longueur d'onde concernant l'agenda de compétitivité qu'ils préconisent par la simplification des règles, la décarbonation de l'économie, le soutien à l'émergence de champions européens capables de rivaliser au niveau mondial ou la diversification de la politique commerciale européenne.
Dans leur tribune, en référence à la politique nucléaire française, les deux dirigeants préconisent « un traitement non discriminatoire de toutes les énergies bas carbone au sein de l’UE » et, pour contenter l'Allemagne, reconnaissent que « le gaz naturel peut constituer une énergie de transition pour les pays qui en ont besoin ».
Questionné sur l'accord commercial UE/Mercosur, M. Merz a souhaité sa ratification le plus tôt possible, convaincu que les questions que la France souhaite régler au préalable ne feront pas dérailler l'accord. Le président français, quant à lui, a prôné la cohérence : les accords commerciaux de l'UE avec ses partenaires internationaux doivent protéger les producteurs européens et leur assurer une égalité de traitement et de production.
Après Varsovie, M. Merz se rendra à Bruxelles vendredi 9 mai, où il rencontrera les présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil européen, António Costa. (Mathieu Bion)