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Bulletin Quotidien Europe N° 13597
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / DÉfense

Les députés européens apportent leur soutien au programme 'ReArm Europe'

Les représentants des principaux groupes politiques du Parlement européen ont apporté, mardi 11 mars, lors d'un débat en session plénière, leur soutien au programme 'ReArm Europe', présenté la semaine dernière par la Commission européenne (EUROPE 13592/1), qui pourrait libérer 800 milliards d’euros pour la défense.

S’ils ont souligné que le programme était un « bon premier pas », les députés ont appelé à aller plus loin. « On épargnerait beaucoup d'argent en agissant ensemble, il faut une normalisation, une procédure d'achat public commun, un marché des biens industriels militaires dans l‘UE », a expliqué Manfred Weber (PPE, allemand), ajoutant qu’il fallait aussi développer des projets européens conjoints.

Selon Iratxe García Pérez (S&D, espagnole), « les prêts soutenus par une dette commune devraient être la base d’un nouvel instrument, successeur d’un Next Generation EU ». « Il faudra travailler très vite aux eurobonds proposés par le Parlement européen et un certain nombre de gouvernements et voir comment mobiliser l'épargne des Européens », a ajouté Valerie Hayer (Renew Europe, française)

Plusieurs eurodéputés, dont Valérie Hayer, ont insisté sur la préférence européenne. « On doit savoir se défendre tout seul. Oui, achetons européen, investissons européen, produisons européen. Oui aux 800 milliards d’euros, sortir des règles budgétaires et même à un emprunt commun et oui à une préférence européenne, faute de quoi notre argent ira encore alimenter d’autres économies que la nôtre. Sans préférence européenne, pas d’autonomie stratégique et donc pas de souveraineté », a-t-elle rappelé.

Selon Jordan Bardella (PfE, francais), il faut « bâtir l’autonomie des Nations d’Europe, faire en sorte que personne d’autre que nous ne détermine nos intérêts et nos conditions de sécurité ». Il a mis en avant le potentiel rôle de la France, qui pourrait « redevenir une force d’entraînement du continent » grâce à son armée, sa base industrielle ou encore sa dissuasion nucléaire. Plusieurs députés, à l'instar de Manfred Weber, ont estimé que l’UE devait « répondre à la proposition de la France de définir le bouclier nucléaire français comme une sorte de bouclier européen ».

Plusieurs eurodéputés ont aussi prévenu que la défense de l’Europe ne passait pas uniquement par des armes. « Ne l’appelons pas ‘ReArm Europe’ mais 'Defend Europe’. Il faut défendre l’Europe, la paix et la liberté dont nous jouissons. La défense, ce n’est pas que des mitraillettes, mais aussi des infrastructures stratégiques, des matières premières, des systèmes de communication et de l’innovation technologique », a estimé Nicola Procaccini (CRE, Italien). « La défense va au-delà des armes et des munitions, c'est aussi une question d'infrastructures, une question de cybersécurité et une indépendance énergétique », a ajouté Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais).

Au nom de La Gauche, Martin Schirdewan (allemand) a plaidé pour une nationalisation des moyens de produire des équipements de défense.

Malgré les soutiens à 'ReArm Europe', plusieurs inquiétudes ont été soulevées. Bas Eickhout a rappelé qu’il ne fallait pas traiter séparément la transition verte et l’agenda de sécurité et a plaidé pour une augmentation des dépenses sur les deux fronts. Iraxte García Pérez a également prévenu qu’il fallait veiller à ce que les investissements dans la défense ne se fassent pas aux dépens des dépenses sociales et de l'État providence. (Camille-Cerise Gessant)

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