Les ministres européens de la Recherche, réunis de façon informelle à Varsovie, en Pologne, et le Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, ont plaidé en faveur d'un programme-cadre de recherche et d'innovation (R&I) indépendant et ambitieux, mardi 11 mars.
Dès cet été, la Commission européenne devrait présenter une proposition de financement du prochain programme-cadre de l'UE dans le cadre financier pluriannuel post-2027. L'actuel programme-cadre de l'UE, Horizon Europe, prévoit plus de 95 milliards d'euros pour la recherche et l'innovation entre 2021 et 2027, ce qui en fait le plus grand programme de ce type au monde. Les deux institutions se sont ainsi opposées à l'intégration potentielle du prochain programme-cadre dans le Fonds européen de compétitivité.
D’une part, les 27 ministres ont adopté la déclaration de Varsovie, une initiative de la Présidence polonaise du Conseil qui exige un financement audacieux et efficace de la recherche scientifique et de l'innovation, pour garantir que les résultats de la recherche et les innovations renforcent la compétitivité de l'UE, les économies nationales et la capacité à relever les défis mondiaux. Les ministres ont également réaffirmé que le programme-cadre de l'UE pour la recherche et l'innovation est inscrit dans les traités de l'UE.
« Nos chercheurs et nos inventeurs sont notre avantage concurrentiel. Nous devons leur faire confiance et créer les meilleures conditions possible pour leur travail », a estimé Marcin Kulasek, le ministre polonais des Sciences et de l'Enseignement supérieur.
Lire la déclaration de Varsovie (en anglais) : https://aeur.eu/f/fvr
D’autre part, par 472 voix contre 75 et 92 abstentions, le PE a adopté le rapport d'initiative du député Christian Ehler (PPE, allemand), proposant de renforcer les capacités de recherche et d'innovation de l'Europe dans la perspective du dixième programme-cadre de recherche (PC10) (EUROPE 13583/12). En conférence de presse, le député a critiqué la proposition de la Commission : « Si on analyse les choses en profondeur, on voit qu’il y a de vraies lacunes, qui sont liées à des perspectives politiques à court terme et non pas à long terme, ce qui fait que les chercheurs les plus intéressants ne vont pas être attirés ».
« Le PE a envoyé un signal clair [...], il a dit 'non' au plan de la Commission visant à réduire le prochain programme-cadre et à le reléguer à un fonds de compétitivité avec deux-trois priorités », a-t-il ajouté.
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/fvs
Coopération scientifique internationale et soutien aux entreprises. Par ailleurs, compte tenu des récentes tensions géopolitiques, les ministres sont convenus de la nécessité de renforcer la coopération scientifique internationale et ont souligné l'importance de la collaboration internationale et de l'échange de connaissances pour maintenir le leadership de l'Europe en matière de science et d'innovation.
Les ministres ont étudié aussi les moyens de supprimer les obstacles administratifs et réglementaires afin de libérer pleinement le potentiel de l'innovation européenne. Ils ont également discuté de la manière de mieux soutenir les start-up et les scale-up. (Anne Damiani)