Dans une Déclaration publiée mardi 11 mars, Michael O’Flaherty, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, s’inquiète de la « mise à l’écart » de la question des droits humains dans les pourparlers de paix sur la guerre en Ukraine.
Il y voit une « illustration frappante » du bouleversement géopolitique actuel et du recul du multilatéralisme.
Le Commissaire réclame d’urgence un « plan visant à faire des droits humains le principe directeur de tous les efforts de paix actuels et futurs ».
Avec, parmi les éléments essentiels : l’obligation de rendre des comptes en cas de violations graves des droits humains (ce qui implique un soutien à la Cour pénale internationale et à la création d’un tribunal spécial sur le crime d’agression contre l’Ukraine), un mécanisme de réparation pour les victimes, la libération des prisonniers de guerre et des civils détenus, le rapatriement des enfants ukrainiens déportés, l’accès aux territoires temporairement occupés pour les organismes de suivi en matière de droits fondamentaux, l’accompagnement de l’Ukraine dans la sortie de la loi martiale.
Selon le Commissaire, le processus d’adhésion à l’UE, qui implique des obligations en matière de droits de l'homme, devra renvoyer à la mise en œuvre d’un accord de paix et en vérifier l'adéquation avec ses propres exigences.
Michael O'Flaherty insiste aussi sur l’importance de la présence de l’Ukraine et de sa société civile à la table des négociations.
« Ignorer les droits humains aujourd’hui, c’est compromettre la paix de demain », conclut-il.
Lien vers la Déclaration : https://aeur.eu/f/fvl (Véronique Leblanc)