Alors que la Commission européenne va adopter, mardi 11 mars, une proposition de règlement sur les médicaments critiques, dix pays de l'UE ont demandé à cette institution de prendre en compte les recommandations de l’Alliance pour les médicaments critiques (EUROPE 13595/9).
Le 'manifeste' de ces dix pays (la Belgique, Chypre, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, Malte, le Portugal, la Roumanie et l'Espagne) demande à la Commission européenne d'établir, dès 2025, une liste des médicaments industriellement vulnérables, « afin de prioriser le soutien et de renforcer la fabrication au sein de l’UE ainsi que les efforts de diversification pour les médicaments les plus critiques ». Selon ces pays, la réalisation d’une évaluation des vulnérabilités devrait permettre de « hiérarchiser les actions à mener et de définir le périmètre pertinent des mesures proposées ».
Autre demande de ces pays adressée à la Commission : mettre en place « un plan d’investissement spécifique » avec une forte coopération et coordination à l’échelle de l’UE pour renforcer la capacité de production européenne des médicaments critiques, y compris des principes actifs. La Commission devrait donc, en ajustant si nécessaire son cadre actuel en matière d’aides d’État et de financement de l’UE, « garantir que les futurs instruments répondent pleinement à cette nécessité d’un soutien financier ambitieux et ciblé », selon le manifeste.
Ils appellent à explorer le recours aux achats conjoints. En matière de marchés publics, ils mettent en avant des critères de sécurité d’approvisionnement, de résilience (qui mesurent en fait la présence industrielle européenne) et de qualité environnementale, et proposent de passer des appels d’offres avec plusieurs gagnants.
L'eurodéputée Tilly Metz (Verts/ALE, luxembourgeoise) salue les avancées sur les médicaments critiques, mais regrette l'absence d’évaluation d’impact accompagnant la proposition de la Commission. Il convient, selon elle, d'associer le soutien financier à l’industrie pharmaceutique aux exigences de transparence. L’approvisionnement en médicaments ne doit pas être dicté uniquement par le prix, mais aussi par des critères tels que la sécurité d’approvisionnement et l’impact environnemental, selon l'eurodéputée.
Lien vers le manifeste des dix pays : https://aeur.eu/f/ftw (Lionel Changeur)