En 2023, le taux d’emploi des femmes dans l’Union européenne restait inférieur de 10,2 points à celui des hommes, selon des données relatives à l’évolution de l’égalité de genre dans l’UE au cours des dix dernières années, publiées par Eurostat vendredi 7 mars, à l'occasion de la Journée internationale des femmes.
Ainsi, si la participation des femmes au marché du travail a progressé ces dernières années, elles restent surreprésentées dans les emplois à temps partiel (28,8%, par rapport à 8,4% des hommes) et continuent d’accéder plus difficilement aux postes de direction.
Le constat est similaire dans la recherche et l’innovation. Les femmes ne représentent que 38% des chercheurs impliqués dans les projets financés par Horizon Europe, selon un rapport publié jeudi 6 mars par la Direction générale de la recherche et de l’innovation (DG RTD) de la Commission européenne.
Certes, cette proportion dépasse la moyenne européenne (33,8%), mais la présence des chercheuses diminue aux échelons les plus élevés des carrières scientifiques.
D'après ce rapport, les déséquilibres apparaissent dès la formation. En 2022, les femmes ne représentaient que 22% des diplômés en ingénierie et technologies de l’information. Pour corriger ces déséquilibres, l’Union européenne impose depuis 2022 l’adoption de plans d’égalité de genre (GEPs) aux organismes publics et établissements d’enseignement supérieur qui souhaitent bénéficier des financements Horizon Europe.
81% des candidatures respecteraient désormais cette exigence, mais cette obligation n’a pas encore permis d’atteindre un équilibre dans l’accès aux financements : les projets dirigés par des femmes restent minoritaires, notamment dans les disciplines 'STEM' (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques).
En outre, les disparités persistent également dans l’innovation et l’entrepreneuriat. Ainsi, seuls 19% des start-up financées par le Conseil européen de l'innovation, créé dans le cadre du programme Horizon Europe pour soutenir les innovations, sont dirigées par des femmes. Dans le domaine du capital-risque, les entreprises fondées uniquement par des femmes ne reçoivent que 7% des investissements, ce qui a pour conséquence de limiter leurs possibilités de croissance.
Enfin, la problématique dépasse l’accès aux financements, car elle concerne aussi la place du genre, tant dans la production des savoirs que dans celle des innovations. Au-delà des inégalités de genre, une autre question soulevée par le rapport de la DG RTD est l’intégration du genre dans le contenu scientifique, car seuls 80,5% des thématiques des projets Horizon Europe l’intègrent.
Le rapport : https://aeur.eu/f/fuc
Les données d'Eurostat : https://aeur.eu/f/fud (Nithya Paquiry)