Lors d'une conférence de presse organisée par le groupe La Gauche au Parlement européen, mercredi 11 décembre, les eurodéputés ont dénoncé la répression croissante des militants antifascistes au sein de l'Union européenne. L'événement s’est concentré sur les cas de deux activistes accusés par les autorités hongroises : Maja T., 23 ans, actuellement détenue à Budapest, et Rexhino 'Gino' Abazaj, 32 ans, détenu à Paris et menacé d’extradition vers la Hongrie.
Le coprésident du groupe La Gauche, Martin Schirdewan (allemand), a appelé à intensifier la pression européenne contre les extraditions vers la Hongrie, où, selon lui, « l’État de droit n’est pas garanti ». Il a décrit les conditions de détention de Maja T. comme « humiliantes et contraires aux normes internationales », citant des risques sanitaires graves dus à des infestations et un isolement prolongé. Wolfram Jarosch, père de Maja, a également pris la parole pour demander son transfert vers l’Allemagne ou, à défaut, un placement en détention à domicile.
Laurent Pasquet-Marinacce, avocat représentant Rexhino Abazaj, a dénoncé l’« interventionnisme politique massif » des autorités hongroises dans cette affaire. Il a souligné l'absence d'éléments assez solides prouvant l'implication de son client dans les faits reprochés, ajoutant que les accusations visent son militantisme plutôt que des actes concrets. Le militant antifasciste albanais, élevé en Italie et vivant en Finlande, est détenu à Fresnes, en France. L'avocat a également exprimé des inquiétudes sur l’utilisation des services antiterroristes français lors de l’arrestation de M. Abazaj, qu’il a qualifiée de « dérive préoccupante ».
Damien Carême (français) a condamné les attaques politiques contre les militants progressistes, affirmant que « la justice française se déshonorerait en répondant aux demandes d’un régime illibéral comme celui de Viktor Orbán ».
Le groupe a également critiqué l’absence de garanties de procès équitables en Hongrie, en citant les pressions sur la justice et la détérioration de l’État de droit dans le pays. Les intervenants ont appelé la Commission européenne à intervenir pour assurer le respect des droits fondamentaux dans ces cas sensibles. (Nithya Paquiry)