L'Union européenne a annoncé, samedi 23 novembre, rappeler à Bruxelles son Ambassadeur à Niamey, le Portugais Salvador Pinto Da França, à la suite d'un « profond désaccord » avec les autorités de transition du Niger sur les modalités et la gestion, par la délégation de l'UE, de l'aide humanitaire apportée aux victimes de graves inondations ayant frappé le pays.
En réponse, le régime militaire nigérien a affirmé ne jamais avoir sollicité d'aide de l'UE et, ayant constaté l'acheminement d'une aide par le biais d'ONG « dans une opacité totale », avoir convoqué le diplomate européen à la mi-octobre pour lui demander de mettre fin aux opérations de l'UE.
« Nonobstant cette mise en garde, le gouvernement a fait, deux mois plus tard, le constat amer de la poursuite de l'exécution des opérations non autorisées. Au regard de cet entêtement qui dénote un manque notoire de respect envers les autorités nigériennes, le gouvernement est parvenu à la conclusion que la collaboration avec l'Ambassadeur de l'UE n'est plus possible », a déclaré le ministère des Affaires étrangères du Niger, dimanche 24 novembre.
Lundi, le porte-parole en chef du Service européen pour l'action extérieure, Peter Stano, a indiqué que la situation était en cours d'évaluation afin de déterminer les actions à engager et a confirmé la position exprimée samedi par l'UE.
« L’aide humanitaire est apportée de manière neutre, impartiale et indépendante, et est mise en œuvre par des agences des Nations unies et des organisations et ONG internationales. Rien ne devrait justifier l’instrumentalisation de l’aide humanitaire à des fins politiques », déclarait M. Stano dans un communiqué.
À la suite d'un coup d'État militaire ayant renversé le président Mohamed Bazoum (EUROPE 13231/7), le Niger est dirigé par le général Abdourahamane Tchiani, à la tête d'un Conseil de transition. Depuis, l'UE s'est dotée d'un cadre de sanctions (EUROPE 13277/2) et a abrogé sa mission de partenariat militaire (EUROPE 13418/4 , 13454/24).
Début octobre, l'agence de presse de l'État avait rapporté 339 décès et plus de 1,17 million de sinistrés à travers le pays en raison d'inondations dévastatrices durant la saison des pluies. (Bernard Denuit)