Après d’épineuses négociations, qui ont suscité la profonde colère des pays en développement (EUROPE 13530/4), l’accord final de la COP29 à Bakou (Azerbaïdjan) a inscrit, dimanche 24 novembre, un montant de 300 milliards de dollars annuels de financement d’ici 2035, que les États riches devront fournir à ces pays vulnérables au changement climatique.
Si la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a accueilli favorablement l’accord de la COP29, saluant sur X « une nouvelle ère pour la coopération et la finance climatique », les réactions des ministres et représentants européens ont été mitigées.
La ministre française de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a estimé que l’accord n’est pas à « la hauteur des enjeux ». Elle a ainsi regretté particulièrement que le texte sur le financmeent de l’action pour le climat ait été adopté « dans un climat de confusion inédit, et contesté par plusieurs pays ».
Annalena Baerbock, ministre allemande des Affaires étrangères, a rappelé, quant à elle, que « 300 milliards de dollars n'étaient qu'un début », et a souligné que le financement de l'action pur le climat et les progrès en matière d'atténuation ne devaient pas être séparés, alors qu’aucun accord sur ce point n’a été scellé.
Dans la même veine, la ministre belge de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, a souligné, lors de la matinale de la chaîne belge Radio1, l’échec des négociations pour mentionner dans l’accord final l’élimination progressive des combustibles fossiles, alors que cela avait été acté lors de la COP28 à Dubaï (EUROPE 13313/16).
Le commissaire européen à l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, s’est réjoui sur X que la base de contributeurs au financement de l’action pour le climat ait été « renforcée ». L’accord encourage effectivement les pays en développement, définis comme tels par les Nations Unies, à contribuer à l’objectif de financement, mais seulement sur base volontaire.
De façon générale, les réactions ont été positives sur l’accord obtenu concernant le cadre des marchés internationaux du carbone (Article 6 de l’Accord de Paris), permettant « d’ouvrir la voie à des politiques significatives de tarification du carbone à l’échelle mondiale », comme l’a souligné, Mohammed Chahim (S&D, néerlandais), vice-président de la délégation du Parlement européen à la COP29.
Il a toutefois appelé l’UE à rester « un leader mondial qui plaide en faveur de réductions solides et significatives des émissions de gaz à effet de serre ».
Pour voir les textes formant l’accord final de la COP29 : https://aeur.eu/f/egu (Pauline Denys)