Les ministres des pays de l’Union européenne chargés de la Jeunesse, réunis en Conseil lundi 25 novembre à Bruxelles, ont approuvé des conclusions intitulées 'Fournir des perspectives glocales aux jeunes vivant dans les zones rurales et éloignées'. Ce texte entend répondre aux défis spécifiques des jeunes ruraux, en combinant une vision mondiale et une action locale qui intégrerait les dimensions locale et mondiale dans les initiatives. Il s'inscrit également dans la réflexion plus large sur les tendances démographiques européennes.
« Tous les jeunes d’Europe devraient avoir un accès égal à une éducation de qualité, à la formation et aux opportunités d’emploi. Pourtant, trop souvent, ceux qui vivent dans des zones rurales et isolées sont laissés pour compte », a déclaré dans un communiqué le ministre hongrois de la Culture et de l'Innovation, Balázs Hankó, qui présidait la session.
Les conclusions adoptées appellent les États membres à intensifier leurs efforts pour moderniser les infrastructures numériques, diversifier les opportunités d’emploi dans des secteurs porteurs, comme l’agriculture durable ou l’adaptation au changement climatique, et promouvoir une participation plus importante des jeunes aux processus décisionnels locaux.
Un défi démographique. Aussi, les conclusions s’appuient sur des constats préoccupants.
Et pour cause, l’Union européenne est confrontée à un vieillissement de sa population et à un déclin démographique particulièrement marqué dans les zones rurales.
Les jeunes en particulier sont confrontés à des défis liés à la diminution des possibilités d'emploi, à un accès limité à une éducation de qualité et à une disponibilité limitée des services sociaux et de santé, selon le document adopté.
Le débat a permis de détailler les conséquences de ces évolutions, notamment l’exode des jeunes vers les villes et les déséquilibres socioéconomiques qu’il engendre.
Comme l’a expliqué la secrétaire d'État autrichienne Claudia Plakolm : « Sans jeunes, les campagnes ne deviennent plus vivables et meurent de leur belle mort. Nous devons créer des conditions afin que ça ne se produise pas ».
Selon elle, ces conditions reposent sur trois axes : « les racines, les logements et les opportunités ».
La directrice générale pour l’Éducation et la Culture de la Commission européenne, Pia Ahrenkilde Hansen, a plaidé pour une plus grande attention portée aux revendications des jeunes : « Nous devons façonner nos actions en fonction de leurs besoins, leurs inquiétudes, leurs intérêts ».
Elle a également évoqué les outils existants au niveau européen, citant notamment le dialogue européen en faveur de la jeunesse et les programmes comme Erasmus+ et le Corps européen de solidarité, qui fournissent « des opportunités aux jeunes des régions rurales éloignées ».
Bonnes pratiques nationales. Les ministres ont partagé des initiatives développées dans leurs pays pour affronter le déclin démographique et encourager les jeunes à rester ou revenir dans les zones rurales.
Le secrétaire d'État espagnol, Rubén Pérez Correa, a plaidé pour combiner solutions sociales et économiques : « La réduction du temps de travail, de nouvelles formes d’emploi et des politiques efficaces pour l’accès au logement rural peuvent contribuer à équilibrer les flux entre zones urbaines et rurales. »
Il a également insisté sur le rôle des infrastructures de transport : « Relier les zones moins peuplées aux centres économiques est essentiel pour garantir des opportunités viables ».
L’Allemagne a investi dans la création de logements accessibles pour les jeunes dans les campagnes et le développement d’infrastructures de loisirs et de culture.
« Faire des zones rurales des lieux où les jeunes peuvent s’épanouir (...) est essentiel pour contrer l’exode rural », a déclaré la Représentante permanente adjointe allemande auprès de l'UE, Helen Winter, qui a également appelé à mobiliser les jeunes dans les processus de planification locale.
La France a évoqué ses dispositifs d’éducation, notamment le programme 'Campus Connecté', un dispositif de formation à distance au sein d’une université de proximité.
« Un jeune sur trois en France vit en territoire rural. Nous avons la responsabilité de leur offrir des environnements favorables », a déclaré le ministre français, Gil Avérous.
Le ministre italien, Andrea Abodi, a présenté des mesures visant à soutenir les jeunes agriculteurs grâce à des financements et des programmes de formation.
Pour une action renforcée. Par ailleurs, les ministres se sont accordés sur la nécessité d’une coordination au niveau européen.
Ils ont salué les initiatives de la Commission, notamment l’annonce d’un groupe de parties prenantes dédié à la jeunesse rurale.
Ce groupe vise à améliorer le partage des bonnes pratiques et à renforcer les politiques ciblées pour ces territoires.
En outre, le Conseil a invité la Commission à améliorer l'accès aux initiatives et aux fonds pertinents de l’UE tout en travaillant à accroître la visibilité de la jeunesse rurale dans les programmes européens, y compris dans le cadre de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse après 2027.
Autant de mesures qui devraient permettre de mieux connecter les zones rurales aux opportunités européennes, tant sur le plan éducatif que professionnel.
Les conclusions : https://aeur.eu/f/egy (Nithya Paquiry)