Sitôt connue la tentative de coup d'État militaire au Niger par une partie de la garde présidentielle, mercredi 26 juillet dans la soirée, l'Union européenne s'est associée à l'Union africaine et la CEDEAO pour la condamner et dire son plein soutien au président Mohamed Bazoum, élu en février 2021.
Jeudi 27 juillet, ce dernier était toujours séquestré avec son épouse dans le palais présidentiel par les mutins qui, tard la veille, avaient suspendu les institutions et fermé les frontières jusqu'à nouvel ordre. Et alors que le Président Bazoum rejetait le coup d'État, les putschistes recevaient, jeudi, le soutien de l'armée nigérienne.
Le président du Conseil européen, Charles Michel, et le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, ont été en contact avec le Président Bazoum mercredi soir pour l'assurer du « plein soutien de l'UE ».
Sur Twitter, rebaptisé X, Charles Michel déclarait jeudi « Nous condamnons fermement toute tentative de déstabilisation du Niger ». Tandis qu'une délégation béninoise tentait une médiation au nom de la CEDEAO et de l'Union africaine, il ajoutait : « Soutien à l’ordre constitutionnel et aux efforts en cours du président Talon ».
Dans une déclaration publiée au nom des Vingt-sept, mercredi soir, Josep Borrell avait déclaré : « L'Union européenne suit avec grande inquiétude les événements en cours à Niamey. Nous réaffirmons notre plein soutien au Président Bazoum et notre conviction que le Niger est un partenaire incontournable de l’Union européenne au Sahel, dont la déstabilisation ne servirait les intérêts de personne ni dans le pays ni dans la région et au-delà. Ce sont non seulement les efforts en cours contre les mouvements terroristes, mais également le sursaut politique et civil à l’œuvre au Niger qui en souffriraient grandement ».
Même langage du côté du ministère français des Affaires étrangères : « La France est préoccupée par les événements en cours au Niger et suit très attentivement l'évolution de la situation. Elle condamne fermement toute tentative de prise de pouvoir par la force et s'associe aux appels de l'Union africaine et de la CEDEAO pour rétablir l'intégrité des institutions démocratiques nigériennes », déclarait la ministre française, Catherine Colonna.
À la presse, qui demandait jeudi si, après les coups d'État militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger, l'UE envisageait de revoir l'ensemble de sa politique au Sahel, et notamment les missions CSDP de partenariat militaire avec le Niger (EUROPE 13197/22), la porte-parole adjointe du Service européen pour l'action extérieure, Nabila Massrali, a répondu qu'il était « trop tôt, à ce stade », pour se prononcer. « Nous allons évaluer tous les éléments à la lumière de l'évolution de la situation dans le pays », a-t-elle déclaré. Par ailleurs, elle a dit ne pas pouvoir répondre à la question de savoir si des militaires formés par l'UE avaient participé au putsch. (Aminata Niang)