Après plus de 100 jours de combats entre factions militaires au Soudan et l'échec de toutes les tentatives de médiation régionales et internationales qu'elle soutient, « l'Union européenne est consternée par la brutalité et le mépris total dont font preuve les parties belligérantes à l'égard des civils dans le conflit », a déclaré le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, jeudi 27 juillet, au nom des Vingt-sept.
« La situation au Darfour est particulièrement préoccupante. Les récits des survivants font écho aux horreurs des graves violations commises contre la population du Darfour il y a 20 ans. Nous ne pouvons pas laisser l'histoire se répéter. Les dirigeants doivent savoir que le procureur de la Cour pénale internationale enquête déjà sur les crimes commis sur le terrain », a prévenu M. Borrell.
Il a également réitéré l'appel de l'UE à toutes les parties prenantes pour qu'elles garantissent l'accès humanitaire « sûr, rapide et sans entraves » (EUROPE 13217/22).
Selon le Haut Représentant, « les aspirations légitimes de la révolution de 2018/2019 doivent être satisfaites et leur réalisation reste au cœur de notre engagement ».
Et d'annoncer la tenue, le même jour à Bruxelles, d'une réunion des représentants du peuple soudanais de toutes tendances politiques et de la société civile, accueillie par l'UE, pour offrir une plateforme de discussion « sur la manière de façonner un avenir pacifique et prospère pour le peuple soudanais », en appui des efforts déployés par l'Union africaine et l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD).
Cette réunion de deux jours (27 et 28 juillet), présidée par le représentant spécial de l'UE pour la Corne de l'Afrique, Annette Weber, en étroite coopération avec le Service européen pour l'action extérieure (SEAE), s'inscrit dans le cadre d'une « série de consultations de la société civile soudanaise » en vue d'une solution au conflit, « en appuyant la feuille de route de l'Union africaine », a précisé jeudi la porte-parole du SEAE, Nabila Massrali. (Aminata Niang)