Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a fait part, mercredi 26 juillet dans la soirée, de la profonde préoccupation de l’UE concernant la « grave situation humanitaire » qui affecte la population locale dans l'ancienne région autonome du Haut-Karabakh.
« La circulation dans le corridor de Lachin reste entravée depuis plus de sept mois, en dépit des ordonnances de la Cour internationale de justice ordonnant sa réouverture. Les fournitures médicales et les produits de première nécessité font défaut ou sont déjà épuisés, ce qui a des conséquences désastreuses pour la population locale », a souligné M. Borrell dans un communiqué. Selon lui, il incombe aux autorités azerbaïdjanaises de garantir « sans délai » la sécurité et la liberté de circulation le long du corridor de Lachin et de ne pas laisser la crise s'aggraver.
Le Haut Représentant a aussi estimé que la volonté exprimée par les autorités azerbaïdjanaises de fournir également des marchandises via la ville d'Aghdam ne devrait pas être considérée comme une alternative à la réouverture du corridor de Lachin.
De plus, M. Borrell a demandé que les activités du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans la région reprennent pleinement, y compris les évacuations médicales et les fournitures humanitaires. « L'UE souligne que l'accès humanitaire ne doit pas être politisé par quelque acteur que ce soit », a-t-il rappelé. La veille, le CICR avait annoncé ne plus être en mesure d'apporter une aide humanitaire à la population via le corridor de Lachin et Aghdam, et que la dernière fois qu’il avait été autorisé à apporter des médicaments et des produits alimentaires de base était il y a plusieurs semaines.
Rappelant l’engagement de l’UE à soutenir le processus de normalisation entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et un dialogue entre Bakou et Stepanakert/Khankendi, M. Borrell a prévenu que cela nécessitait un véritable engagement de toutes les parties. (Camille-Cerise Gessant)