Les ministres de l’Intérieur des pays de l’Union européenne ont estimé que le mandat de Frontex n’avait pas besoin d’être révisé pour que l''Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes' effectue convenablement ses missions, mais que la mise en œuvre de ses compétences pouvait être améliorée, a indiqué la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, lundi 4 mars, à l’issue de la réunion ministérielle.
Interrogés sur les lacunes du mandat de l’Agence (EUROPE 13362/2), les ministres ont donné, pour la plupart, leur accord avec l’évaluation positive qu’avait dressée la Commission européenne.
Ils ont souligné le besoin de renforcer l’évaluation des situations, d’encourager Frontex à mettre en place une nouvelle structure organisationnelle et salué le fait que Frontex apporte un « soutien important pour les États membres », a relaté une source.
Concernant la protection des frontières extérieures de l’UE, les ministres ont aussi débattu du besoin de nouer de nouveaux partenariats avec les pays tiers, à l’image de celui noué avec la Tunisie. Et, alors que la Commission s’apprête à finaliser de tels partenariats avec l’Égypte et la Mauritanie, ils ont insisté sur la nécessité de « bien calibrer ces accords » et de tenir compte « de la situation de ces pays », a souligné la secrétaire d’État belge à l’Asile, Nicole de Moor.
Par ailleurs, les ministres européens ont discuté du plan d’action de l’UE pour la Méditerranée occidentale alors que le nombre de franchissements irréguliers a augmenté de 84% depuis début 2024.
Interrogée par EUROPE sur les raisons de l’échec des négociations avec le PE sur la directive révisée sur le statut de résidents de longue durée dans l’Union (voir autre nouvelle), Mme de Moor a reconnu que la Présidence belge du Conseil de l'UE ne pouvait pas escompter d’accord tant les États membres avaient exprimé des difficultés, notamment sur des aspects techniques.
« On doit s’assurer de pouvoir trouver le soutien des États membres », et la Présidence belge a constaté la semaine dernière que les conditions n’étaient pas remplies, a-t-elle constaté.
La secrétaire d’État a toutefois rappelé que l’UE dispose déjà d’un instrument sur ce sujet qui organise la mobilité de ces ressortissants des pays tiers.
Bulgarie et Roumanie
Lundi, la Commission a lancé deux cadres de coopération avec la Bulgarie et la Roumanie en matière de gestion des frontières et des migrations. Ces cadres s'appuient sur la mise en œuvre réussie, par les deux pays, des projets pilotes lancés en mars 2023 en vue d'accélérer les procédures d'asile et de retour, et permettent de passer de solutions ad hoc à des solutions durables, selon un communiqué de l'institution de l'UE.
Les cadres de coopération permettront aux deux pays d'apporter une contribution supplémentaire aux efforts communs déployés par l'Europe pour garantir la sécurité de l'UE aux frontières extérieures et relever les défis migratoires.
« En particulier, l'accent sera mis sur les points suivants : - soutenir des mesures renforcées concernant la gestion des frontières, l'asile et l'accueil, le système de retour et l'amélioration de la coopération policière dans l'espace Schengen ; - entamer les préparatifs en vue de la concrétisation du nouveau 'Pacte sur la migration et l'asile' en Bulgarie et en Roumanie, en particulier en ce qui concerne les plans nationaux de mise en œuvre », selon la Commission.
L'acquis communautaire relatif à l'espace Schengen de libre circulation sera intégralement applicable en Bulgarie et en Roumanie à partir du 31 mars, et les contrôles aux frontières intérieures aériennes et maritimes devront être levés (EUROPE 13320/4).
Le ministre luxembourgeois, Léon Gloden, s'est d'ailleurs dit convaincu que les deux pays rejoindront bientôt pleinement la zone de libre circulation des personnes. Son homologue français, Gérald Darmanin, a aussi rappelé le soutien de Paris à cette pleine accession.
Liens vers les deux cadres de négociation : https://aeur.eu/f/b44 ; https://aeur.eu/f/b4k (Solenn Paulic)