Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a exhorté le Conseil de sécurité des Nations Unies, samedi 2 mars, à appeler à une cessation urgente des hostilités au Proche-Orient.
Dans un communiqué, M. Borrell a réitéré la « nécessité absolue » de permettre un accès humanitaire complet, rapide, sûr et sans entrave afin de fournir une aide rapide, massive et adéquate en réponse aux besoins de la population civile de Gaza. « La poursuite des combats et le mépris du droit humanitaire international conduiront à un chaos total rendant impossible la distribution de l’aide humanitaire », a-t-il prévenu.
Ainsi, « une pause humanitaire immédiate, conduisant à un cessez-le-feu durable, est nécessaire de toute urgence pour permettre l’acheminement à grande échelle de l’aide humanitaire et la protection des civils à Gaza », a souligné M. Borrell. Des négociations pour une trêve à l’occasion du Ramadan ont repris dimanche au Caire.
Rappelant qu’Israël avait le droit de se défendre dans les limites du droit humanitaire international, le Haut Représentant a condamné les restrictions imposées par Israël à l'entrée de l'aide humanitaire et à l'ouverture des points de passage.
« Nous exhortons Israël à coopérer pleinement avec les agences des Nations Unies et les autres acteurs humanitaires impliqués dans la réponse humanitaire et à permettre un accès humanitaire libre, sans entrave et sûr à travers tous les points de passage », a-t-il ajouté. Selon lui, les largages aériens devraient être la solution de dernier recours, car leur impact est minime et non dénué de risques pour les civils. Les États-Unis ont largué de l’aide à Gaza pendant le week-end et la Belgique, les Pays-Bas et la France ont annoncé qu’ils feraient de même. De son côté, Chypre travaille toujours sur un corridor maritime.
Par ailleurs, M. Borrell a appelé à une enquête internationale impartiale sur la mort d’une centaine de civils alors « qu'ils tentaient désespérément d'obtenir de la nourriture d'un convoi, dont beaucoup ont été victimes des tirs de l'armée israélienne lors de la bousculade qui a suivi » (EUROPE 13362/15). « Les tirs des soldats israéliens contre des civils tentant d'accéder à des denrées alimentaires sont injustifiables », a souligné M. Borrell, estimant que cette enquête devait permettre d'avoir une idée claire des événements et des responsabilités.
« Quoi qu'il en soit, il est de la responsabilité d'Israël de respecter les règles du droit international et de protéger la distribution de l'aide humanitaire aux populations civiles », a-t-il rappelé, ajoutant que la responsabilité de cet incident était imputable aux restrictions imposées par l'armée israélienne et aux obstructions des extrémistes violents à la fourniture de l'aide humanitaire. « Cet incident très grave révèle que les restrictions à l'entrée de l'aide humanitaire contribuent à créer la pénurie, la faim et la maladie, mais aussi un niveau de désespoir qui engendre la violence », a-t-il dénoncé. (Camille-Cerise Gessant)