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Bulletin Quotidien Europe N° 13363
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INSTITUTIONNEL / Pe2024

En désignant Nicolas Schmit, les socialistes européens espèrent inspirer une future coalition au PE socialement juste et contre l'extrême droite

Les socialistes européens ont élu, comme prévu (EUROPE 13362/19), samedi 2 mars à Rome, l’actuel commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, ancien eurodéputé et ancien ministre luxembourgeois du Travail, comme candidat tête de liste (‘Spitzenkandidat') de leur famille politique.

Ils ont lancé à cette occasion leur campagne des élections européennes avec un objectif très clair : tout faire pour gagner, même si les sondages prédisent que le 'Parti populaire européen' (PPE) restera la première force au Parlement européen. Comment ? En défendant une nouvelle Europe sociale et juste dans la transition écologique et en mettant justement le PPE face à ses responsabilités, tant sur le 'Pacte vert européen' que sur d’éventuelles alliances avec les forces d’extrême droite comme certains partis souverainistes issus du parti des Conservateurs et réformistes européens (CRE).

Ce n’est pas un hasard si les socialistes européens ont choisi de se réunir à Rome, comme nous l’a expliqué le Portugais Pedro Marques (voir autre nouvelle) au moment où la formation de Giorgia Meloni fait la course en tête dans les sondages en Italie et que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, semble la courtiser pour favoriser sa reconduction à la tête de la Commission (EUROPE 13355/4).

Fraîchement désigné par ses pairs, Nicolas Schmit a expliqué à plusieurs reprises, lors de ce congrès électoral, qu’aucune alliance « ne sera possible avec l’extrême droite », le Luxembourgeois citant aussi expressément la famille CRE. Le 'Manifeste' adopté glisse d'ailleurs une critique contre le PPE, mais cible aussi les Libéraux, qui ont « permis », dans certains pays de l'UE, de faire rentrer les forces d'extrême droite dans des coalitions gouvernementales.

Lors de ce congrès où se sont succédé une série de dirigeants européens socialistes, comme l’Espagnol Pedro Sánchez, la Danoise Mette Frederiksen ou encore l’Allemand Olaf Scholz, le 'Parti socialiste européen' (PES) a décliné ses priorités : le soutien sans faille à l’Ukraine et à la nécessité de fournir des munitions au pays, la nécessité de mettre un terme « à la tragédie humaine » qui se déroule à Gaza, mais aussi en Cisjordanie, avec « un appel au cessez-le-feu et à la reprise des pourparlers de paix », comme l’a dit le Luxembourgeois, ou encore le devoir de poursuivre le « 'Pacte vert' avec un cœur rouge », c’est-à-dire en prenant davantage en compte les conséquences socioéconomiques de cette transition verte.

Le PES veut redoubler d’efforts pour lutter contre la précarité et le mal-logement et pour œuvrer en faveur d'emplois de qualité, notamment dans l'environnement numérique. S’exprimant sur la jeunesse, qui peine à s'insérer dans la vie active, l'actuel commissaire européen a dit ne pas « avoir de tabou sur la directive relative au temps de travail ».

S’agissant de la précarité au travail, le candidat socialiste a aussi cité son combat pour les travailleurs des plateformes numériques, espérant « que nous aurons un accord la semaine prochaine » (lors de la réunion des ministres de l’Emploi et des Affaires sociales de lundi 11 mars, NdlR) (EUROPE 13359/6).

Plus tôt dans la matinée, M. Sánchez avait mis en garde le PPE contre « les techniques populistes » imitées de l’extrême droite, considérant qu’un grand nombre d’acquis sont aujourd’hui « en jeu », que ce soit l’égalité hommes/femmes, la transition juste, les droits des travailleurs ou la situation des personnes LGBTIQ+.

Les socialistes, eux, sont convaincus que « l’État providence est un outil pour l’égalité et pas un obstacle à la compétitivité », et que la transition écologique peut se faire « sans abandonner les gens », a souligné le dirigeant espagnol. Il a rappelé que les socialistes européens avaient réussi à sauver « des millions d’emplois en Europe pendant la Covid-19 ».

Olaf Scholz, dans un discours très sobre, a réitéré lui aussi le soutien de l’UE à l’Ukraine, tout en rappelant qu’aucun pays de l’OTAN n’enverra de soldats en Ukraine, en allusion aux propos controversés tenus le 26 février par le président français, Emmanuel Macron.

Présent également pour un dernier discours en tant que Premier ministre portugais sortant, António Costa a insisté sur la lutte contre le changement climatique, mais en gardant en tête l’impact socioéconomique. C’est à lui qu’a été attribuée la formule d’un ‘Pacte vert avec le cœur rouge’, le Portugais appelant aussi à investir dans les compétences et à mettre au point un nouveau système de fonds européens pour la politique industrielle européenne et pour créer davantage d’emplois de qualité et permettre des transitions socialement justes.

De nombreux eurodéputés ont pris aussi la parole samedi 2 mars. Le Français Raphaël Glucksmann a également mis en garde contre « les alliés de Poutine à l’intérieur de l’UE », rappelant que la guerre contre l’Ukraine « est aussi une guerre qui nous cible ». Il a rappelé que le PES se bat « pour les millions de travailleurs des plateformes qui n’ont aucun droit, pour les fermiers qui travaillent 70 heures pour 700 euros par mois à cause d’une PAC qui rétribue les plus riches, mais aussi pour les femmes et l’égalité de salaires ».

Le Français a insisté sur le fait que l’écologie n’est pas l’ennemie des agriculteurs, que l'ennemi est « le libéralisme ».

Un peu plus tôt, son compatriote Christophe Clergeau avait souligné le besoin de mettre au point un nouveau « Pacte social » de solidarité, de redistribution et de protection des travailleurs dans leur pouvoir d’achat dans le contexte de la transition verte afin de répondre à l’inquiétude socioéconomique qui alimente justement le vote pour les extrêmes.

Pour M. Clergeau, cela passera par une réforme en profondeur du marché de l’énergie en revenant à des prix garantis, notamment pour les TPE/PME. « Nous allons aussi avoir besoin d’investir ensemble avec de nouvelles ressources propres, comme des impôts européens sur les plus riches », de manière à éviter les disparités d’investissements entre les États membres, a-t-il ajouté.

Et il faudra aussi réformer la PAC et revenir sur les mécanismes de marché pour garantir les revenus agricoles, mais aussi lutter contre la précarité alimentaire.

Refonder la PAC sera d’ailleurs l’un des premiers chantiers à mener après les élections, a jugé l'eurodéputé.

Lien vers le Manifeste électoral du PSE : https://aeur.eu/f/b41 (Solenn Paulic)

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