Alors que des fuites de presse suggéraient un déblocage imminent de 10 milliards d’euros de fonds européens - jusqu’ici gelés pour non-respect de l’État de droit - pour la Hongrie, la vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, n’a pas confirmé ces informations, mardi 12 décembre, à l'issue de la réunion du Collège.
Devant la presse, Mme Jourová a assuré que les progrès déclarés par Budapest étaient toujours à l’étude au sein de l'institution de l'UE, sans donner davantage de précisions.
La date limite de la procédure d’analyse étant fixée à ce mercredi 13 décembre – soit la veille d’un sommet européen galvanisé par des négociations sur la révision du cadre financier pluriannuel 2021-2027 (CFP) et la possibilité pour la Hongrie de subordonner un accord au déblocage des fonds communautaire (EUROPE 13287/25) –, la question d’un dégel presse.
« Ce n'est pas une coïncidence. La décision est régie par la date. Ce ne sont que des délais de procédure que nous devons respecter », assurait Mme Jourová depuis Strasbourg.
Dans l’incertitude, certains eurodéputés attendent une décision raisonnée de la Commission : « Je compte sur la responsabilité, la crédibilité de la Commission pour une approche factuelle. S'il y a des progrès engrangés dans les pays, nous pouvons dire OK, mais cela doit s’appuyer sur le fond », a réagi Manfred Weber, président du groupe PPE.
Lundi, lors d'un briefing, Daniel Freund (Verts/ALE) a évoqué « une situation de chantage où Viktor Orbán essaie d’obtenir un déblocage de fonds en échange de certaines décisions au Conseil de l’UE ».
Interrogée par ailleurs sur la campagne de communication europhobe menée par le Fidesz, le parti de Viktor Orbán, ayant visé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et accusant l’UE de vouloir détricoter certaines aides publiques à destination des Hongrois, Mme Jourová a dénoncé une campagne pure et simple de « mensonges ». (Bernard Denuit)