Par 449 voix contre 81 et 91 abstentions, le Parlement européen a recommandé, mardi 12 décembre, d'adapter l’instrument financier de voisinage, de développement et de coopération internationale (NDICI-Global Europe) aux réalités géopolitiques pour en garantir une efficacité accrue à l'avenir.
Exception faite d'un amendement du groupe CRE ajoutant une référence à la 'Boussole stratégique' de l'UE, le rapport d'initiative conjoint des commissions 'Affaires étrangères' et 'Développement' sur la mise en œuvre de cet instrument de financement de l'action extérieure a été repris quasiment tel quel (EUROPE 13296/15).
Le Parlement demande que la révision à mi-parcours du NDCI Global Europe se fonde sur une évaluation approfondie permettant à cet instrument d'atteindre ses principaux objectifs : réduction de la pauvreté, promotion des droits de l'homme et soutien au développement durable à long terme des pays partenaires.
En aucun cas la révision du cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE ne doit conduire à une réduction des fonds ou à une réaffectation de fonds du budget de l'aide extérieure, soulignent les eurodéputés.
Avant le vote, l'eurodéputé Charles Goerens (Renew Europe, luxembourgeois) a déploré que le Parlement européen n'ait pas jugé utile de débattre du sujet en plénière et s'en est également pris aux États 'frugaux'.
« Nous passons beaucoup de temps à débattre là où nous n'avons pas de compétence et là où nous en avons une, nous refusons parfois le débat », a-t-il lancé. « L'instrument de financement des politiques extérieures dont sont bénéficiaires les pays vulnérables semble faire les frais de la révision à mi-parcours du CFP. Les États frugaux ou radins, appelez-les comme vous voulez, tendent à considérer l'aide en faveur des plus faibles comme une variable d'ajustement », s'est -il indigné.
Et d'ajouter : « C'est faire peu de cas des engagements pris par tous les États membres lors de la conférence sur le financement du développement en 2015 à Addis Abeba. C'est faire peu état des difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les pays d'Afrique dont l'endettement prend des dimensions inquiétantes ». (Aminata Niang)