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Bulletin Quotidien Europe N° 13254
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DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / ÉgalitÉ de genre

Une majorité d’eurodéputés plaident pour le droit à l’avortement

Alors que la Journée internationale pour le droit à l’avortement du 28 septembre approche, la commission de l’égalité de genre (FEMM) du Parlement européen a remis le droit à la santé reproductive et sexuelle (DSRS) sur la table, mardi 19 septembre. L’occasion, pour les experts invités, de plaider en faveur du droit à l’avortement dans l’UE et dans le monde.

Une situation contrastée dans l’UE

Si différents eurodéputés ont alerté sur le recul des DSRS en Europe, Camille Gervais, conseillère juridique du Centre pour les droits reproductifs, a fourni une analyse de la situation plus nuancée.

Pour elle, « la tendance dans la région est largement progressive : depuis 2018, plus de 15 pays ont libéralisé leurs lois sur l'avortement ». Toutefois, ces progrès sont non seulement loin d’être suffisants, mais ont également engendré un retour de bâton dans certains États membres, dont la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie.

Jasenka Grujić, gynécologue croate, a également rappelé que, lorsque l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est légale, elle n’est pas nécessairement pratiquée. Elle a notamment dénoncé les médecins faisant objection de conscience. Sa consœur espagnole, Laia Sanchez, pour sa part, a insisté sur la nécessité de généraliser une « éducation sexuelle et affective complète » dès le plus jeune âge.

Enfin, alors que Margarita de la Pisa Carrión (CRE, espagnole) a qualifié le droit à l’avortement de « cauchemar », les médecins ainsi que Birgit van Hout, directrice du bureau bruxellois du Fonds des Nations Unies pour la Population, ont rappelé que son interdiction mène seulement à une augmentation des IVG dangereuses.

Un appel à intervenir

Mme Gervais a ainsi appelé l’UE à réagir plus fermement aux atteintes aux DSRS, mais aussi à « renforcer la protection juridique et politique de la santé sexuelle et reproductive au niveau de l'UE en se basant sur les normes de santé publique », estimant qu’elle peut agir davantage au sein de ses compétences.

« Nous devons fournir les mêmes standards [de protection] dans toute l’Europe, sans toujours nous cacher derrière le même argument, à savoir qu'il s'agit d'une compétence nationale », a réagi Fred Matić (S&D, croate). Gwendoline Delbos-Corfield (Verts/ALE, française) et Lina Gálvez Muñoz (S&D, espagnole), quant à elles, ont regretté que la commission des affaires constitutionnelles (AFCO) du PE n’ait pas inclus une disposition relative aux DSRS dans son projet de révision des traités de l’UE (EUROPE 13250/16).

Enfin, Mme Van Hout a plaidé pour que les questions relatives aux DSRS soient incluses dans les dialogues politiques avec des pays tiers et reçoivent des financements adéquats. « Aujourd'hui, nous assistons à un retour de bâton mondial contre les DSRS. Cela rend les prises de position de l’UE sur le sujet d’autant plus essentielles », a-t-elle ajouté. (Hélène Seynaeve)

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