Diana Morant Ripoll, ministre espagnole de la Science et de l’Innovation, avait rendez-vous mardi 19 septembre avec les députés européens de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie du Parlement européen (ITRE) pour évoquer les priorités de la Présidence espagnole du Conseil de l’UE, des priorités qui avaient déjà été présentées dans un document écrit (EUROPE 13230/4).
En tête de liste de ces priorités, Mme Morant Ripoll a réaffirmé l’ambition espagnole de faire progresser les discussions pour un cadre européen de diplomatie scientifique. Ce point fera l’objet, pour la première fois, d’une conférence, les 18 et 19 décembre à Madrid.
Dans ce contexte, la Présidence souhaite appuyer le programme PRIMA, ce partenariat en partie financé par Horizon Europe pour soutenir la R&I dans la région méditerranéenne et notamment pour la recherche de solutions innovantes à des défis sociétaux concernant l'eau, l'agriculture ou encore l'alimentation.
Un mandat de négociation avec le Parlement européen en vue du renforcement de PRIMA et de la prolongation de sa phase active jusqu'en 2027 a été approuvé par les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper), mercredi 20 septembre.
Voir le mandat de négociation du Conseil de l'UE: https://aeur.eu/f/8oa
Ensuite, la ministre a annoncé des conclusions du Conseil sur la nécessité d'analyser l’impact sur la recherche et l'innovation (R&I) de la 'Facilité pour la reprise et la résilience', l'instrument principal du Plan de relance Next Generation EU. Pour la ministre, ces financements, en addition aux financements traditionnels, ont permis un saut qualitatif et ont eu un impact positif sur l’Espace européen de la recherche. L'analyse de l'impact de la Facilité pourrait servir à tenter de répercuter cet impact sur d’autres mécanismes à l’avenir.
Toujours sur le chapitre de la science dans les relations internationales, répondant notamment à Martin Hojsík (Renew Europe, slovaque), Diana Morant Ripoll a évoqué les initiatives spatiales européennes. La ministre a souligné l’utilité des politiques spatiales pour la double transition verte et numérique, mais également pour la sécurité et la défense européenne.
Elle a indiqué que l’Espagne souhaitait créer des passerelles avec les alliés des Européens sur la scène internationale et, notamment, travailler avec l'Amérique latine. La ministre a estimé que la communauté CELAC pourrait participer au programme Copernicus et a affirmé que les États membres manifestaient un vif intérêt à mettre en place des programmes de coopération bilatéraux. Les ministres européens et des représentants de l'ESA, mais également des ministres de pays d'Amérique latine, seront présents à Séville pour la Semaine européenne de l'Espace 2023.
La ministre a estimé en outre qu’il fallait une implication plus claire de l’industrie.
De son côté, Pilar del Castillo Vera (PPE, espagnole) s’est inquiétée du peu de progrès effectués concernant la proposition de la Commission européenne pour soutenir les carrières des chercheurs (EUROPE 13222/23) alors que la Présidence espagnole arrivait à mi-mandat.
La ministre espère des avancées lors de la réunion du Conseil 'Compétitivité' consacrée à la recherche, le 8 décembre.
Plusieurs députés, dont Jordi Solé (Verts/ALE, espagnol) et Lina Gálvez Muñoz (S&D, espagnole), ont exprimé leurs préoccupations concernant la persistance de disparités au niveau national comme régional en matière de R&I en Europe.
La ministre a partagé ce constat et indiqué l’intérêt que représentait pour elle le couplage de régions plus innovantes avec d’autres régions qui l’étaient moins.
Enfin, Martina Dlabajová (Renew Europe, tchèque) a posé la question des moyens budgétaires pour la R&I et s’est inquiétée des coupes envisagées par certains États membres dans les moyens alloués à la recherche, des moyens déjà affectés par l’inflation et la redirection de fonds du budget de Horizon Europe vers de nouvelles priorités européennes.
La ministre a indiqué que les discussions étaient en cours sur la révision à mi-parcours du cadre budgétaire pluriannuel au sein du Conseil et qu’elle n’avait pas l’autorité pour faire part aux eurodéputés d’informations sur le processus législatif en cours ou les positions des États membres. Elle a précisé que la Présidence allait faire tout son possible pour conserver les objectifs et les prérogatives de Horizon Europe. (Émilie Vanderhulst)