La mise en place de totaux admissibles de captures (TAC) pluriannuels, la contribution à la sécurité alimentaire et le processus de décarbonation de la flotte de pêche constituent les principales priorités de la Présidence espagnole du Conseil de l’UE dans le domaine de la pêche, a indiqué, mercredi 20 septembre, le ministre espagnol, Luis Planas.
Devant les membres de la commission de la pêche du Parlement européen, M. Planas a précisé également que les 28 et 29 septembre, à Malaga, les directeurs généraux de la pêche des pays de l’UE discuteront de la contribution de la politique commune de la pêche (PCP) à la sécurité alimentaire (EUROPE 13225/4).
Gabriel Mato (PPE, espagnol) a préconisé une réforme de la PCP et des aides pour la rénovation des flottes de pêche. Izaskun Bilbao (Renew Europe, espagnole) a souhaité des clarifications sur les accords bilatéraux UE/Sénégal et UE/Maroc. Ana Miranda (Verts/ALE, espagnole) a prôné un débat au Conseil sur la mise à jour du principe de 'stabilité relative' (répartition des quotas entre pays).
Quotas pluriannuels. Il convient, selon Luis Planas, d’améliorer le processus de décision de la PCP. Il a souligné qu’une majorité existait au sein du Conseil en faveur de la mise en place dès 2024 de TAC pluriannuels pour certaines espèces pour lesquelles les données scientifiques sont disponibles.
M. Planas a qualifié d’inacceptable le fait que la Norvège fixe unilatéralement des quotas de pêche en hausse pour 2024. Il a indiqué que la grande majorité du Conseil considère qu'il est nécessaire d'introduire, le cas échéant, les aspects commerciaux dans ces négociations avec la Norvège.
Accords bilatéraux. Parmi les autres priorités, M. Planas a évoqué l’avenir de l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc et a espéré que les négociations permettront de renouveler cet accord, même si des arrêts du Tribunal de l'UE sont attendus (EUROPE 13225/5).
En ce qui concerne l'accord de pêche entre l'UE et le Sénégal, des navires espagnols ont été paralysés pendant cinq mois en 2022 parce que Dakar ne leur avait pas accordé de licences pour pêcher dans ses eaux. Le ministre espagnol a expliqué que des mesures avaient été prises pour tenter de compenser les entreprises touchées.
« La Commission européenne ne nous a laissé que la possibilité d'utiliser les lignes directrices sur les aides d'État et nous essayons d'obtenir de la Commission qu'elle autorise la possibilité de cette compensation », a-t-il déclaré.
Pêche en Méditerranée. En décembre dernier, l'Espagne s'est opposée à l'accord sur les quotas méditerranéens pour 2023, estimant que ce n'est pas en réduisant le nombre de jours de pêche, mais en améliorant la sélectivité des engins de pêche, que l'on parviendra à un rendement maximal durable d'ici 2025. M. Planas a déclaré qu'il y avait eu une application purement mécanique du plan pluriannuel. « Penser que la mortalité par pêche est l'un des éléments les plus décisifs ou le seul élément décisif influençant la santé des mers et des océans me semble être une erreur absolue », a-t-il déclaré. Selon lui, les conséquences négatives de la pollution en Méditerranée sont plus importantes que celles de la pêche. (Lionel Changeur)