Les eurodéputés membres de la commission des affaires étrangères ont adopté, mercredi 20 septembre, le projet de rapport de Tonino Picula (S&D, croate) concernant les progrès réalisés par le Monténégro sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne (51 voix pour, 3 contre, 3 abstentions). Ils pointent notamment un essoufflement global, s’inquiètent des ingérences étrangères et soulignent le besoin « urgent de stabilité politique dans le pays ».
« Ce rapport, le dernier de ce mandat parlementaire, met en lumière les grandes turbulences politiques internes au Monténégro et une nouvelle année de stagnation sur la voie de l'adhésion du pays à l’UE », a commenté M. Picula.
Les eurodéputés attendent ainsi la formation d’un gouvernement pro-européen « dès que possible », pour mettre fin à « l’incapacité à dégager un consensus sur les questions d'intérêt national et l'absence de dialogue entre les partis ».
Des progrès devraient aussi être réalisés concernant les réformes électorales et judiciaires et la lutte contre la criminalité organisée et la corruption, indique le rapport.
Bien que les eurodéputés reconnaissent les efforts de Podgorica en matière d’alignement sur la politique étrangère de l’UE, ils se disent néanmoins préoccupés par « l'ingérence étrangère malveillante, les efforts de déstabilisation, les menaces hybrides et les campagnes de désinformation menées par des acteurs étrangers au Monténégro, notamment ceux provenant de la Russie, de la Chine et de la Serbie ».
Pour endiguer la dépendance économique du pays à l’égard de Pékin, les eurodéputés estiment aussi que le Monténégro devrait « continuer à utiliser le plan économique et d'investissement pour les Balkans occidentaux et l'initiative ‘Global Gateway' de l'UE en vue de trouver des alternatives plus écologiques et transparentes pour le financement des projets d’infrastructure ».
Le pays est également invité à mener d'ici fin 2023 le recensement de la population et des logements, constamment repoussé. (Thomas Mangin)