À seulement 70 jours de la COP28, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a défini la position et les aspirations de l'Europe face aux enjeux climatiques mondiaux lors du Sommet sur l'ambition climatique (Climate Ambition Summit) organisé le 20 septembre à New York sous l’égide des Nations Unies, auquel participait également le président du Conseil européen, Charles Michel.
Mme von der Leyen a structuré son intervention autour de trois piliers principaux : les ambitions, les objectifs et le financement.
Soulignant la nécessité de protéger les citoyens, surtout les plus vulnérables, des effets dévastateurs du changement climatique, elle a rappelé l'importance de trouver des solutions efficaces et rapides. « L'UE - a-t-elle déclaré - sera un allié inébranlable dans ces efforts ».
Mme von der Leyen a en outre réaffirmé l'engagement de l'UE à réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 55% d'ici 2030 - un objectif que l'Union est déjà en passe de dépasser. Cependant, elle a souligné qu'il était important que d'autres grands émetteurs mondiaux partagent une ambition similaire. Pour elle, le pic des émissions mondiales doit être atteint d'ici 2025 avec une élimination progressive des combustibles fossiles avant 2050.
Reconnaissant l’important potentiel des pays en développement en matière d'énergies renouvelables et des technologies vertes, Mme von der Leyen s’est exprimée sur l’investissement européen de 4 milliards d'euros dans les énergies renouvelables et l'hydrogène dans les économies en développement au cours des cinq prochaines années. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du plan ‘Global Gateway’ de 300 milliards d'euros.
En vue de la COP28, Mme von der Leyen a également mentionné la coalition mondiale mise en place notamment par le président du Kenya, William Ruto, et la Première ministre de la Barbade, Mia Motley, visant à tripler les énergies renouvelables et à doubler les économies d'énergie annuelles d'ici 2030. Ces mesures, selon elle, sont essentielles pour garantir un impact réel sur le terrain, le financement demeurant un élément central de ce combat.
La présidente de la Commission européenne a insisté sur l'importance d'atteindre l'objectif de 100 milliards de dollars pour le financement climatique, en vue de la COP28. « L'UE contribuera à hauteur de 27 milliards de dollars à cet effort », a-t-elle précisé. Par ailleurs, elle a évoqué la volonté de l'Europe de soutenir la création de marchés d'obligations vertes dans les pays à faible revenu, tout en plaidant pour une réforme du système financier international.
Enfin, elle a souligné l'importance de la tarification du carbone. « Aujourd'hui, seulement 23% des émissions sont couvertes. Et cela rapporte déjà 95 milliards de dollars ». Elle aspire à ce que ce chiffre atteigne 60% d'ici 2030. Des propos qui font écho à son intervention lors du Sommet sur les objectifs du développement durable (EUROPE 13252/15). (Nithya Paquiry)