Les députés de la commission des transports et du tourisme (TRAN) du Parlement européen ont échangé avec la Commission européenne, mercredi 19 juillet, sur les aspects liés aux transports de l'acte délégué modifié relatif au volet climatique de la taxonomie. Ils ont notamment fait part de leurs critiques, en particulier au sujet de l'écoblanchiment (greenwashing).
La Commission a présenté en juin des modifications ciblées de l'acte délégué de la taxonomie de l'UE pour le climat qui étendent les activités économiques contribuant à l'atténuation du changement climatique et à l'adaptation à celui-ci et qui n'étaient pas incluses jusqu'à présent, en particulier dans le secteur des transports (EUROPE 13200/14).
Tout comme leurs collègues des commissions des affaires économiques et monétaires (ECON) et de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) (EUROPE 13217/15), les eurodéputés de TRAN ont fait part de leur insatisfaction.
Pour Ciarán Cuffe (Verts/ALE, irlandais), les propositions de la Commission comportent beaucoup d'écoblanchiment. « La taxonomie ne détermine pas ce dans quoi vous pouvez ou ne pouvez pas investir, mais elle est plutôt destinée à être un guide scientifique fiable sur les investissements durables, avec l'inclusion du gaz et du nucléaire, et maintenant de l'aviation et du transport maritime », a-t-il estimé.
Il a qualifié d’« orwellienne » l'utilisation du langage qui est faite dans le texte, qui « biaise l'esprit et la lettre du règlement », notamment à cause de « la possibilité d'étiqueter les achats d'avions marginalement plus efficaces, qui dépendent presque entièrement des combustibles fossiles, comme contribuant de manière substantielle à l'atténuation du changement climatique ».
« Ce règlement sur la taxonomie devrait accorder plus d'attention à l'aviation et au transport maritime afin de disposer d'un ensemble complet de mesures pour tous les modes de transport », a soutenu Petar Vitanov (S&D, bulgare). Partageant le même point de vue, Marian-Jean Marinescu (PPE, roumain) a insisté sur le fait que « la mobilité et la connectivité sont un droit, et non un luxe ».
« Nous avons resserré les critères proposés initialement par la plateforme dans plusieurs domaines, tout en essayant de nous assurer que les critères restent réalisables, et donc efficaces pour aider à garantir le type de transition que nous voulons voir se produire sur le terrain », a répondu Hannes Huhtaniemi, chargé de mission à la direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l'union des marchés de capitaux de la Commission européenne (DG FISMA).
Par ailleurs, il a rappelé que les critères seraient revus périodiquement, puisque le règlement relatif à la taxonomie stipule que les critères relatifs aux activités de transition doivent être réexaminés tous les trois ans pour s'assurer qu'ils restent compatibles avec nos objectifs environnementaux.
Les actes délégués doivent encore être approuvés par le PE et le Conseil de l'UE avant de pouvoir être appliqués. (Anne Damiani)