S’appuyant sur une étude interne, la commission de l’égalité de genre (FEMM) du Parlement européen a discuté, mercredi 19 juillet, de l’impact des réseaux sociaux sur les femmes et les filles.
Ces dernières « sont confrontées à un nombre disproportionné de problèmes en ligne par rapport aux hommes et aux garçons », a expliqué Kirsty Park, co-autrice. Sont en cause, selon elle, un ensemble de facteurs dont « la conception et les décisions de gouvernance des plateformes », les publicités ciblées en fonction du genre, les stéréotypes de genre, mais également le « comportement individuel des utilisateurs » et « le contexte plus large de la misogynie en ligne ».
Néanmoins, a-t-elle défendu, le règlement sur les services numériques (DSA) pourrait contribuer à améliorer la situation.
En effet, les plateformes devront soumettre une « évaluation des risques systémiques » dans laquelle elles devront notamment démontrer qu’elles prennent des mesures pour mitiger une série de risques, dont les violences en ligne ou la protection des mineurs. Pour la co-autrice, cela oblige non seulement les plateformes à rendre des comptes, mais elles pourraient également être poussées à mettre en place des partenariats avec des chercheurs pour prouver qu’elles prennent les problématiques rencontrées à bras-le-corps.
Le DSA permettra également aux chercheurs d’obtenir des données de la part des plateformes dès lors qu’ils travaillent sur ces « risques systémiques ».
Toutefois, ceci « dépend beaucoup » de la mise en œuvre du règlement et de la propension des plateformes à coopérer. Ce, d’autant plus que les catégories de risques systémiques sont « très vagues » et que le genre n’y est pas considéré comme une donnée personnelle sensible.
L’étude recommande par conséquent de réaliser une « révision basée sur le genre » de la législation au bout de douze mois, « préférablement après la publication des évaluations des risques ».
Plus largement, les auteurs appellent à sensibiliser sur les violences de genre numériques, à promouvoir une éducation critique aux médias, à imposer des règles de modération plus sévères ainsi qu’à adopter la directive visant à lutter contre les violences faites aux femmes (EUROPE 13221/26).
L’étude : https://aeur.eu/f/85y (Hélène Seynaeve)