Les députés de la commission des Affaires économiques et monétaires ('ECON') du Parlement européen ont échangé avec la Commission européenne, mercredi 19 juillet, au sujet du protocole d’accord établissant un cadre pour une coopération structurée dans le domaine des services financiers entre l’UE et le Royaume-Uni (EUROPE 13210/3).
Bien qu’accueilli favorablement, le forum de coopération entre Union européenne et Royaume-Uni - prévu dans le protocole signé le 27 juin - a largement occupé les discussions initiées par les quelques eurodéputés ayant pris la parole.
Pour Danuta Hübner (PPE, polonaise), les efforts devraient se concentrer, dans le cadre du forum, sur les réformes qui devraient être envisagées de chaque côté de la Manche. « On ne peut pas envisager d’être en désaccord ; il y a des risques, on devrait être concentrés sur ce qui doit être fait ; les temps ne sont pas faciles pour le secteur », a-t-elle déclaré.
Toutefois, le format juridique du forum, décrit par la Commission européenne comme « un instrument non contraignant du Conseil », pourrait limiter le pouvoir d'action en matière de régulation. « L’idée est d’avoir un forum ou les régulateurs peuvent s’informer sur les nouveautés réglementaires mutuelles. Il n’est pas question de codécision », a-t-elle complété.
Pour d’autres membres du PE, l’attention devra également se porter sur les travaux législatifs en cours au Royaume-Uni. « Nous ne pouvons pas reconstruire l’alignement sur les services financiers de l’avant-Brexit. Il y aura des divergences. Quelles sont les attentes de la Commission ? Peut-on imaginer un mouvement vers la dérégulation des marchés au Royaume-Uni ? », a interrogé Pedro Silva Pereira (S&D).
« Le gouvernement britannique actuel a été clair : il n’y aura pas de dérégulation. Ils se concentrent sur la compétitivité des marchés et le rôle de Londres en tant que place financière. Pour le moment, il n’y a pas eu de changements concrets. On s’attend à plus de modifications au cours des prochains mois ; on les suivra de près », a résumé la Commission. (Thomas Mangin)