Les ministres de l’Agriculture de l’UE ont fait part, mardi 30 mai, de leurs préoccupations sur certains aspects de la proposition relative aux emballages et aux déchets d'emballages.
La proposition relève de la compétence du Conseil 'Environnement', mais contient un certain nombre de dispositions qui se rapportent à la politique alimentaire.
En novembre 2022, la Commission a proposé une révision de la directive relative aux emballages et aux déchets d'emballages dans le cadre du 'Pacte vert' pour l'Europe. L'objectif de la proposition est d'éviter la formation de déchets d'emballages et de promouvoir la réutilisation des emballages ainsi que le recyclage et d'autres moyens de valorisation des déchets d'emballages (EUROPE 13176/6).
Lors du débat, la France a demandé de prendre en compte le risque de détérioration des produits, compte tenu de leur caractère périssable et des exigences de qualité sanitaire dans l’élaboration des règles sur les emballages et leurs déchets, notamment s’agissant des fruits et légumes.
« Il est important que les nouvelles règles n’induisent pas des risques de gaspillage alimentaire ou de dégradation sanitaire des aliments » (détérioration des produits vendus en vrac), selon le ministre français, Marc Fesneau. Il a ainsi estimé qu’il fallait être vigilants sur les standards sanitaires et commerciaux en vigueur, qui font l’attractivité des produits alimentaires européens, pour qu’ils ne soient pas remis en cause par l’adoption des nouvelles règles sur les emballages.
Plusieurs pays ont évoqué les contraintes que devront gérer les exportateurs s’agissant des conditions de recyclage et de réutilisation des emballages (bouteilles en verre).
Le Portugal a aussi estimé que la réduction des emballages ne devait pas entraîner des gaspillages d’aliments.
Le Danemark a salué la proposition et évoqué des systèmes permettant au consommateur de rendre les emballages dans des points de collecte pour la réutilisation. Le Danemark et d’autres pays ont estimé que l’interdiction des plastiques à usage unique dans les emballages pour 1,5 kilo de fruits et légumes risque d’avoir des conséquences indésirables dans la vente de fruits et légumes bio. L’Espagne s’est montrée « préoccupée » par les exigences de vente au détail pour les fruits et légumes (format inférieur à 1,5 kg).
Il faut éviter que l’interdiction du plastique à usage unique pour les fruits et légumes ne mène à augmenter l’utilisation d’additifs alimentaires, a mis en garde la Belgique.
Virginijus Sinkevičius, commissaire à l’Environnement, a confirmé notamment la présentation plus tard d'une révision de la législation sur les matériaux de contact. (Lionel Changeur)