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Bulletin Quotidien Europe N° 13190
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Invasion Russe de l'Ukraine / BiÉlorussie

L’UE condamne l’accord entre Minsk et Moscou sur le déploiement d’ogives nucléaires

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a condamné, vendredi 26 mai dans la soirée, l'accord conclu entre la Russie et la Biélorussie en vue d'autoriser le déploiement d'ogives nucléaires russes sur le territoire biélorusse.

« Il s'agit d'une mesure qui conduira à une nouvelle escalade extrêmement dangereuse », a-t-il souligné dans un communiqué. Selon lui, cette décision va à l'encontre des engagements pris par la Russie dans le cadre du mémorandum de Budapest, par lequel la Biélorussie a éliminé toutes les armes nucléaires de son territoire, et de la déclaration commune des dirigeants des cinq États dotés d'armes nucléaires du 3 janvier 2022, selon laquelle une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée. M. Borrell a appelé la Russie à respecter ces engagements.

Soulignant que le régime biélorusse était complice de la guerre d’agression russe en Ukraine, le Haut Représentant de l'UE a appelé les autorités biélorusses à mettre fin immédiatement à leur soutien et à revenir sur des décisions qui ne peuvent que contribuer à accroître les tensions dans la région et à porter atteinte à la souveraineté de la Biélorussie.

« Toute tentative d'aggravation de la situation fera l'objet d'une réaction forte et coordonnée », a-t-il également prévenu.

Prêts à toutes les éventualités

Interrogés par un groupe de journalistes, dont EUROPE, invités en Ukraine du 22 au 26 mai par la Plateforme pour la libération des prisonniers politiques, des responsables militaires et politiques se sont dits prêts à toute éventualité. La Biélorussie sert déjà de base pour des avions et des missiles sont lancés depuis le territoire biélorusse, selon plusieurs Ukrainiens rencontrés. 

Selon l’ancienne présidente de la commission des Affaires étrangères de la Verkhovna Rada, Hanna Hopko, également cofondatrice du Centre international pour la victoire ukrainienne, avec cette annonce, Vladimir Poutine veut provoquer des tests de réactions chez les autres. « C'est pourquoi vous (les occidentaux, NDLR) devriez lui dire que trop c'est trop », a-t-elle prévenu lors d’une interview avec EUROPE à Kiev, estimant que ce n’était pas à Poutine de décider de la fin de la guerre, mais qu’il fallait faire en sorte qu’il arrête.

Dmytro Bryzhynskyi, le chef de l’administration militaire de Chernihiv, région frontalière de la Russie et la Biélorussie, a expliqué que Vladimir Poutine « ne (voulait), ne pouvait pas perdre » la guerre et qu’il pourrait donc chercher toutes les possibilités afin de se mettre dans une meilleure position pour négocier. « S'il ne peut pas, s'il n'y a pas de changement positif pour l'armée russe, alors il est possible que Lukachenko donne la possibilité à son armée de participer au conflit », a-t-il estimé. Qualifiant MM. Poutine et Loukachenko de « dictateurs », il a expliqué qu’« il y aurait toujours une menace jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de dictateur ».

En cas de nouvelle attaque par le front nord, comme ce fut le cas en février 2022, « ce qui est toujours une possibilité », le chef militaire a précisé que, « si nécessaire, nous sommes prêts à nous battre à nouveau ».

Même son de cloche du côté du Colonel Yurii Petrovych Kovalchyk, un des responsables des gardes-frontières de la région de Chernihiv. S’il est quasiment impossible de prédire ce qu’il va se passer, « la guerre ne (suivant) pas les règles internationales », « nous sommes prêts pour n’importe quel défi ».

Pour Vyacheslav Chaus, le gouverneur de la région de Chernihiv, « les habitants ont déjà survécu à beaucoup de choses et sont prêts (à une nouvelle attaque). Ils ont réussi à arrêter les chars russes à la frontière et à leur faire faire demi-tour. Notre population est donc très forte. Mais nous sommes conscients que la situation serait très difficile en cas d'aide nucléaire », a-t-il reconnu. (Camille-Cerise Gessant)

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