Le ministre ukrainien de l’Agriculture, Mykola Solsky, a critiqué, mardi 30 mai à Bruxelles, les restrictions européennes aux importations de céréales ukrainiennes.
Les mesures de sauvegarde de l’UE (interdiction d’importer des céréales d’Ukraine vers la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Hongrie et la Bulgarie) expirent le 5 juin prochain. Mykola Solsky, qui a participé à un déjeuner de travail avec ses homologues de l’UE, a dit à la presse qu’il souhaitait tout faire pour éviter une prolongation de ces restrictions après le 5 juin. Ces interdictions s’appliquent au tournesol, au colza, au maïs et au blé.
Le 10 mai dernier, les ministres de l'Agriculture de treize pays de l'Union européenne ont critiqué l'accord avec la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie et la Slovaquie pour remédier aux effets négatifs de l'afflux de céréales ukrainiennes dans l'UE (EUROPE 13181/2).
Lors du Conseil 'Agriculture', plusieurs pays ont encore critiqué les restrictions. Marc Fesneau, le ministre français, a plaidé pour des réponses « collectives et pas individuelles », sinon c’est « la porte ouverte à quelque chose qui serait mauvais pour la construction européenne et pour la solidarité à l’égard de l’Ukraine ».
Le ministre espagnol, Luis Planas, a rappelé que la Commission avait proposé la mobilisation de 100 millions d'euros (réserve de crise) en faveur des 5 pays de l'UE proches de l'Ukraine, mais le feu vert n’a pas encore été donné, « car l'un de ces pays, la Hongrie, n'a pas encore levé les restrictions unilatérales » (interdiction de produits agricoles ukrainiens). La Commission a déjà versé une première enveloppe de 56,3 millions d'euros au bénéfice de la Roumanie, de la Hongrie et de la Pologne (EUROPE 13165/1).
« Nous respectons toutes les décisions de la Commission qui améliorent la situation actuelle, y compris pour les agriculteurs de ces pays » (de l'UE limitrophes de l'Ukraine), a ajouté Mykola Solsky.
Selon l’Espagne, les mesures de sauvegarde ne devraient pas être prolongées sans justification de la part de la Commission.
Le ministre finlandais, Antti Kurvinen, s’est dit également « opposé » aux restrictions unilatérales et a plaidé pour des solutions communes aux Européens.
Lors du débat au Conseil 'Agriculture', les États membres auraient souligné notamment :
- la nécessité de prendre des mesures à long terme pour résoudre les problèmes affectant le marché ;
- le besoin d'assurer la stabilité du marché intérieur ;
- les difficultés rencontrées par des secteurs particuliers en raison des effets de la guerre en Ukraine (vin, volaille, élevage, sucre, produits laitiers et fruits) ;
- l'importance de prendre des décisions transparentes, fondées sur des règles et des données, concernant l'octroi de fonds provenant de la réserve de crise (agricole) ;
- le besoin de prendre en compte la situation de chaque État membre et d'adopter une approche flexible en matière de soutien.
Un 3e paquet. Janusz Wojciechowski, commissaire européen à l'Agriculture, a déclaré aux ministres que la Commission était prête à fournir un troisième paquet de mesures provenant de la réserve de crise (agricole) au profit des pays de l'UE affectés par la sécheresse (voir autre nouvelle) et des pays européens dont certains secteurs souffrent des effets de la guerre en Ukraine (vin, lait…) (Lionel Changeur)