Lors de leur réunion informelle qui s’est ouverte à Stockholm mardi 18 avril (EUROPE 13162/2), les ministres européens de l’Environnement et du Climat ont tous été invités à se faire accompagner d’un dirigeant d’entreprise s’illustrant par une transition verte réussie.
En effet, la Présidence suédoise a tenu à faire de l’alliance entre la compétitivité et le développement durable l’axe majeur de ces discussions.
Répartis en petits groupes au cours des différentes sessions, les dirigeants politiques et d’entreprises ont ainsi discuté des divers aspects du développement durable, tels que l'économie circulaire, la biodiversité, les enjeux climatiques, face au défi de l'augmentation de la compétitivité au sein de l’industrie de l’UE. Il s’agissait en outre, pour les entreprises présentes, de mettre en évidence les divers obstacles auxquels elles ont été ou sont toujours confrontées dans le cadre d’un passage à une économie verte.
En amont des échanges qu’elle a dirigés, la ministre suédoise de l'Environnement et du Climat, Romina Pourmokhtari, a justifié le format inédit de cette informelle : « En tant que personnalité politique qui œuvre pour le climat, on a parfois tendance à donner moins d'importance à une crise climatique qu'à une crise économique, au lieu de tirer le meilleur parti de la situation ». En conviant les entreprises, la ministre suédoise tendait à réfléchir sur la manière d'accroître la compétitivité européenne en les amenant à prospérer au sein d'une économie durable « et de plus en plus exempte de combustibles fossiles ».
Selon Mme Pourmokhtari, l’une des principales entraves à la transition écologique des entreprises est constituée par les seuils économiques, c'est-à-dire le seuil au-delà duquel les dommages causés sont suffisamment importants pour justifier le coût d'une intervention afin d’éliminer ou d’atténuer les risques qui en sont la cause, ce qui peut être le cas du risque climatique.
« Le seuil économique peut constituer un frein important pour les entreprises qui souhaitent opérer une transition, mais qui en voient le coût, plutôt que les bénéfices à venir. Nous devons nous assurer que les seuils économiques sont abaissés et que nous rationalisons nos actifs pour aller dans la bonne direction », a déclaré Romina Pourmokhtari.
Et de poursuivre : « C’est la raison pour laquelle nous avons invité la Banque européenne d'investissement et d'autres représentants du secteur financier à venir discuter ». Il s’agit, pour la ministre suédoise, d’un sujet majeur « dont il faut tenir compte dans les mois à venir », notamment lors des discussions multilatérales.
À leur arrivée, plusieurs ministres et intervenants ont salué l’ouverture des échanges aux entreprises. Ceci a notamment été le cas de la ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera. Cette dernière prendra la succession de son homologue suédoise en juillet prochain.
« La Présidence du Conseil a voulu établir un dialogue avec les industriels et, sans l'ensemble de la société civile, y compris les entreprises et l'industrie, il est impossible de transformer notre système de production », a remarqué Madame Ribera. Il est, selon elle, « impossible de penser à la prospérité économique sans la prospérité et l'équilibre social et environnemental ». La ministre espagnole a ainsi plaidé pour une meilleure intégration des aspects environnementaux dans l’ensemble des décisions économiques : « Entre l'environnement et la compétitivité économique, nous pouvons parfois trouver un terrain d'entente ». Cet objectif, Teresa Ribera l’envisage comme un « enjeu majeur », qu’elle assure vouloir « poursuivre » au second semestre. (Nithya Paquiry)