Les représentants des groupes politiques du Parlement européen ont souligné, mardi 18 avril, l’importance de parler d’une voix unitaire envers la Chine et de ne pas être naïf.
« La relation avec la Chine est la question essentielle de cette décennie, sinon de ce siècle », a estimé le président du groupe PPE, Manfred Weber.
Alors que, pour Stéphane Séjourné (Renew Europe, français), l’UE ne fait plus preuve envers la Chine de la naïveté qu’elle avait il y a encore 10 ou 15 ans, pour Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge), « il est plus que temps de tirer la leçon de cette naïveté et de voir la Chine comme elle est, et pas comme on veut qu’elle soit ». « Il faut faire entrer nos relations dans le stade adulte de la ‘realpolitik’ », a-t-il expliqué.
Pour le S&D, Iratxe García Pérez (espagnole) a plaidé pour une stratégie « cohérente, globale » de l'UE, appelant à « de la détermination, du réalisme et plus d’Union européenne que jamais ». Selon Geert Bourgeois (CRE, belge), « se désengager de la Chine n’est pas une bonne solution ».
Plusieurs représentants des groupes politiques ont mis en avant la nécessité de fonder les relations avec Pékin sur les intérêts économiques de l’UE et sur les valeurs de l’UE, notamment le respect des droits de l’homme par la Chine, y compris à Taïwan et Hong-kong. Ils ont aussi précisé qu’une amélioration des relations – y compris pour un nouvel accord commercial – ne serait possible qu’avec la levée des sanctions chinoises contre des députés européens.
Plusieurs représentants ont également souligné l’importance du partenariat avec les États-Unis, notamment concernant la question de Taïwan.
Le débat a en outre porté sur la récente visite du président français, Emmanuel Macron, en Chine, M. Weber critiquant ses commentaires concernant Taïwan et Manon Aubry (La Gauche, française) le fait que M. Macron avait semblé renvoyer dos-à-dos Chine et États-Unis sur Taïwan et son silence sur les Ouïghours.
Pour le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, représentant le Conseil lors du débat, « nous ne pouvons pas parler d’une seule voix, car il y a plusieurs voix au sein de l’UE, mais nous devons au moins être sur la même longueur d’onde ». Lui qui a dû annuler un voyage en Chine la semaine dernière pour cause de Covid-19 a estimé que la politique de l’UE envers la Chine devait se fonder sur quatre éléments : les valeurs de l’UE, la sécurité économique, Taïwan et l’Ukraine.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, quant à elle, a rappelé que l’UE devait maintenir ses relations avec Pékin, ajoutant qu’il fallait avoir « une vision commune et très claire des risques et des opportunités de l’engagement avec la Chine ». (Camille-Cerise Gessant)