« Les Tatars de Crimée, en particulier ceux qui s’opposent à l’annexion illégale de la Crimée ou expriment des opinions dissidentes, sont soumis à de nombreux schémas de violations graves des droits humains, de persécution, de discrimination et de stigmatisation de la part des autorités occupantes russes », a déclaré Dunja Mijatović, Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, dans un rapport publié mardi 18 avril.
Une situation d’autant plus préoccupante, ajoute-t-elle, qu’elle est « renforcée par la culture d’impunité pour de telles violations qui prévaut dans la péninsule ».
Revenant sur l’annexion illégale de la Crimée par la Russie en 2014, la Commissaire dénonce « un enchaînement tragique d’événements et de mesures caractérisés par des violations graves et répétées des droits humains des Tatars de Crimée ».
Ces mesures contribuant « globalement » à créer un environnement qui stigmatise les Tatars et sème la division ethnique, en créant des antagonismes entre la population générale de Crimée et ces derniers.
Appel est fait à l’arrêt immédiat de toutes les arrestations arbitraires, du harcèlement et des persécutions au domicile de Tatars défenseurs des droits humains, militants, responsables, journalistes ou membres ordinaires de ce groupe ethnique.
Le droit international humanitaire interdit à une puissance occupante d’appliquer ses lois pénales sur un territoire occupé, rappelle la Commissaire, qui réclame la fin des poursuites fondées sur une utilisation abusive des lois russes contre l’extrémisme et le terrorisme, la cessation des transferts de détenus vers la Russie ainsi que le respect de la liberté de réunion et d’expression pour les défenseurs des droits, les militants et les journalistes.
La conscription forcée et la mobilisation militaire des Tatars de Crimée doivent aussi cesser, souligne-t-elle en demandant la protection de ceux qui tentent de s’y soustraire dans tous les pays où ils chercheraient refuge.
Lien vers le rapport (en anglais) : https://aeur.eu/f/6cq (Véronique Leblanc)