Le Conseil de direction de la Banque de développement du Conseil de l’Europe (CEB) a approuvé, vendredi 2 décembre, un cadre stratégique 2023-2027 actant une substantielle augmentation de capital.
Une fois le processus achevé, le capital souscrit passera de 5,48 à 9,73 milliards d’euros et le capital versé de 0,61 à 1,81 milliard d’euros.
Cette décision prise par les États membres de la CEB est qualifiée d’« historique » par son gouverneur, Carlo Monticelli, qui y voit « un vote de confiance clair dans le rôle particulier de la CEB au sein de l’architecture financière internationale ».
Ces nouvelles ressources sont essentielles à l’heure où l’Europe est secouée par une succession de crises mondiales liées à la pandémie de Covid-19 ainsi qu’à la guerre en Ukraine et ses conséquences, ajoute-t-il.
Fondée en 1956 afin d’apporter des solutions aux problèmes des réfugiés après la Seconde Guerre mondiale, la CEB est la doyenne des banques de développement européennes. Elle compte 42 États membres (41 également membres du Conseil de l’Europe et le Saint-Siège).
L’Ukraine n’en fait pas partie, mais son processus d’adhésion lancé en juillet 2022 - avec exemption de paiement initial en raison de la guerre - est proche d’être finalisé.
« On parle en termes de semaines », précise Carlo Monticelli, qui évoque une possible adhésion « dès janvier ».
Cette adhésion permettra à la CEB de soutenir les besoins de reconstruction et de réhabilitation des secteurs sociaux de ce pays, en particulier en matière de logements et de soins médicaux.
Outre la participation à la reconstruction de l’Ukraine, le nouveau plan stratégique affiche deux autres objectifs primordiaux : premièrement, répondre aux défis du développement social et de l’inclusion européenne ; deuxièmement, « investir dans l’aide et l’intégration des réfugiés et des migrants au sein de leur communauté d’accueil et dans la préparation des États membres à un avenir dans lequel les migrations continueront probablement d'être importantes, notamment en raison du changement climatique ».
Vouée au renforcement de la cohésion sociale, la CEB promeut les valeurs et principes du Conseil de l’Europe (COE), mais elle est dotée d’une personnalité juridique et est financièrement indépendante de l’organisation avec laquelle elle garde cependant des liens institutionnels importants.
Pour preuve, chaque projet soumis à l’approbation du Conseil d’administration de la banque doit recevoir un avis de recevabilité émis par le (la) Secrétaire général(e) du COE.
Par ailleurs, la CEB travaille en collaboration avec les autres banques de développement et avec l’Union européenne.
Autant de coopérations amenées à devenir plus étroites dans le cadre du nouveau plan stratégique. (Véronique Leblanc)