Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé les Européens à faire encore plus pour aider l’Ukraine, jeudi 1er décembre dans la soirée.
« Nous avons fait beaucoup plus que prévu, beaucoup plus vite que prévu, mais nous devons certainement faire beaucoup plus et continuer à faire ce que nous avons décidé de faire », a-t-il souligné lors d’une conférence intitulée 'Gagner la guerre, sécuriser la paix : le soutien de l’UE à l’Ukraine', organisée par l’Institut polonais des relations internationales (PISM) à Lodz.
Expliquant que le président russe, Vladimir Poutine, s’attendait à ce que les démocraties se fatiguent, M. Borrell a expliqué qu’il fallait « être têtu » et « continuer à soutenir l’Ukraine autant que nécessaire et aussi longtemps que nécessaire ».
Le Haut Représentant a mis en avant le soutien militaire, économique, politique ou encore diplomatique.
Il a rappelé que l’UE et les États membres avaient mis à disposition de l’Ukraine près de 9 milliards d’euros d’assistance militaire, mais aussi 19 milliards d’aide économique et qu’une aide de 18 milliards était en discussion pour 2023. Plus tôt dans la journée, il avait annoncé un soutien de 1,2 million d’euros pour des opérations de déminage en Ukraine dans le cadre de l’OSCE.
M. Borrell a aussi estimé que les sanctions à l’encontre de la Russie fonctionnaient. « La Russie paie un prix important pour ses actions, en particulier dans les secteurs critiques, technologiques », a-t-il expliqué. Il s’est dit « sûr » qu’elles seront renouvelées en décembre, pour leur renouvellement semestriel.
Le Haut Représentant a ajouté que l’UE avait confisqué 300 milliards d’euros de la Banque centrale russe, mais aussi environ 19 milliards d’euros de biens appartenant à des oligarques russes et autres soutiens de Vladimir Poutine et que des discussions étaient en cours pour que ces fonds servent à la reconstruction de l’Ukraine. Pour M. Borrell, il serait « étrange » que la Russie détruise l’Ukraine, mais que ce soit le reste du monde qui paie la reconstruction.
Le Haut Représentant a également rappelé que l’Ukraine avait obtenu le statut de candidat à une adhésion à l’UE, tout en reconnaissant que l’adhésion n’aurait pas lieu « demain ni l’année prochaine », car il est difficile pour un pays en guerre, sans électricité, de faire les reforme demandées. « La priorité des priorités c’est de résister et de survivre. Les réformes viendront, mais d’abord nous devons gagner la guerre », a-t-il expliqué.
En outre, l’UE continue ses efforts au niveau international pour partager sa position sur la guerre en Ukraine. Selon M. Borrell, si les pays tiers partagent cette position, beaucoup se concentrent sur les conséquences de la guerre, énergétique et alimentaire.
Le manque de produits alimentaires en Afrique notamment va provoquer « plus de colère, plus d’instabilité politique, et plus de migration à nos frontières, donc plus de pression à nos frontières. Pour Poutine, c’est aussi une arme », a-t-il prévenu. (Camille-Cerise Gessant)