Les dirigeants des États membres de l’UE et d’une dizaine de pays européens se réuniront ce jeudi 6 octobre à Prague pour la toute première réunion de la « Communauté politique européenne » (CPE).
Au total, 44 pays ont été invités (les 27 États membres de l’UE et 17 États tiers européens : l'Albanie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Géorgie, l'Islande, le Liechtenstein, la Macédoine du nord, la Moldavie, le Monténégro, la Norvège, le Royaume-Uni, la Serbie, la Suisse, la Turquie et l'Ukraine).
Alors que la Première ministre danoise n’assistera pas à la réunion dans sa totalité en raison d’impératifs parlementaires, tous les autres dirigeants invités y participeront. L’Ukraine sera représentée par son Premier ministre, même si le président interviendra en ouverture de session par visioconférence.
Selon la Présidence tchèque du Conseil de l’UE, cette communauté représente « une plateforme pour la coordination politique des pays européens à travers le continent ». « L'ambition est de réunir les dirigeants sur un pied d'égalité et de favoriser le dialogue politique et la coopération sur des questions d'intérêt commun afin qu'ensemble, nous œuvrions au renforcement de la sécurité, de la stabilité et de la prospérité de l'Europe dans son ensemble », précise le président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa lettre d’invitation aux dirigeants des États membres de l'UE.
Selon des diplomates européens, les mots clés de cette Communauté politique européenne sont « agilité et souplesse ». « On ne veut pas répliquer des formats que l’on connaît déjà, on est plutôt sur un fonctionnement style format G7/G20 et intergouvernemental et avec une égalité de traitement », a résumé l’une d’elles.
La réunion sera découpée en trois temps. Tout d’abord se tiendra une session plénière d’ouverture d’une heure avec des interventions de la Présidence tchèque du Conseil de l’UE, de la Norvège, de l’Albanie, du Royaume-Uni et de l’Ukraine.
Elle sera suivie par quatre discussions en tables rondes de deux heures environ sur les thèmes de la paix et la sécurité et du climat et de l’énergie, soit deux tables rondes par sujet. Sans vouloir préempter les débats, un diplomate a estimé qu’il pourrait y avoir une réflexion sur la coopération énergétique, sur la résilience du continent et la sécurité des infrastructures critiques, un partage de l’expertise sur la cybersécurité ou encore un accent mis sur la jeunesse. Des États membres de l’UE pourraient profiter de l’occasion pour appeler leurs partenaires qui ne l’ont pas fait à adopter des sanctions à l’encontre de la Russie.
Enfin, une session plénière de clôture fera le point sur les tables rondes, à l’occasion d’un dîner qui devrait durer deux heures. Cela pourrait permettre aux dirigeants de dégager ensemble les axes de coopération sur lesquels la CPE structurera son travail pour les prochains mois.
Selon des sources, la discussion portera aussi sur la désignation du pays d’accueil de la prochaine réunion de la CPE, qui pourrait devenir un format bisannuel ou annuel. Une source européenne a souhaité que celle-ci se tienne au printemps 2023. Plusieurs pays non membres de l’UE seraient candidats pour accueillir la 2e édition.
L’organisation de la réunion laisse en outre une plage de 3 heures pour des réunions bilatérales ou multilatérales des dirigeants européens. Ainsi, le Premier ministre arménien a annoncé une rencontre avec le président azerbaïdjanais, le président français et le président du Conseil européen, alors que les tensions entre Erevan et Bakou sont au plus haut (voir autre nouvelle). (Camille-Cerise Gessant)