Les dirigeants du G7, réunis en Allemagne, ont annoncé, lundi 27 juin, qu’ils étaient « déterminés à maintenir et à intensifier la pression économique et politique internationale sur le régime du président Poutine et sur ceux qui le soutiennent en Biélorussie ».
Dans une déclaration commune, ils se sont engagés à prendre, « dans les jours et semaines à venir », de nouvelles mesures qui porteront notamment sur les revenus de la Russie, « y compris ceux provenant de l'or », et la dépendance à l’égard de l'énergie russe ainsi qu'à cibler les activités d'évasion et de comblement (backfilling). Ils comptent aussi aligner et étendre les sanctions ciblées afin de restreindre davantage l'accès de la Russie aux intrants industriels, services et technologies-clés produits par leurs économies, en particulier ceux qui soutiennent la base industrielle et le secteur technologique de l'armement russe.
« Nous continuerons à coordonner les mesures tarifaires sur les importations en provenance de la Russie et à étudier les possibilités, conformément à nos législations respectives, d'utiliser les recettes pour aider l'Ukraine, le cas échéant », ont également prévenu les dirigeants.
Enfin, ils vont imposer des sanctions ciblées aux responsables de crimes de guerre, à ceux qui exercent une autorité illégitime en Ukraine et à ceux qui soutiennent l'engagement de la Russie dans « des efforts visant à accroître l'insécurité alimentaire mondiale en volant et en exportant des céréales ukrainiennes ou en profitant illégitimement de la guerre ».
Le G7 appelle donc la Russie à cesser « sans condition » ses attaques contre les infrastructures agricoles et de transport et à permettre le libre passage des navires transportant des produits agricoles depuis les ports ukrainiens de la mer Noire. « Nous continuerons à veiller à ce que, en prenant de nouvelles mesures, nous ne ciblions pas les denrées alimentaires et à ce que nous permettions la libre circulation des produits agricoles, et nous mettrons tout en œuvre pour réduire au minimum les effets négatifs potentiels et les retombées sur les pays tiers, en particulier les pays à revenu faible ou intermédiaire », ont-ils aussi promis alors que la Russie communique auprès des pays tiers que les sanctions sont responsables de la crise alimentaire.
Les dirigeants ont également annoncé qu’ils continueront à fournir un soutien financier, humanitaire, militaire et diplomatique à Kiev et salué la décision du Conseil européen d’octroyer le statut de candidat à l’adhésion à l’Ukraine et à la Moldavie.
Enfin, les dirigeants se disent prêts à soutenir un plan de reconstruction international et ont salué l'initiative de la présidence allemande de convoquer avec l'Ukraine une conférence internationale d'experts de haut niveau, afin de progresser sur un plan de reconstruction global. Ils ont apporté leur soutien aux travaux de l’UE et de ses États membres, qui envisagent une plateforme de reconstruction et un fonds de solidarité.
Condamnation de l’attaque d’un centre commercial
Dans une déclaration séparée, les dirigeants ont condamné solennellement « l'attaque abominable contre un centre commercial », plus tôt dans la journée, à Kremenchuk. « Les attaques aveugles contre des civils innocents constituent un crime de guerre. Le président russe Poutine et les responsables devront rendre des comptes », ont-ils prévenu.
Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a condamné lui aussi avec la plus grande fermeté ce « nouvel acte odieux », qui aurait fait au moins 16 morts et une cinquantaine de blessés. « Le bombardement continu de civils et de biens civils est répugnant et totalement inacceptable et constitue un crime de guerre », a-t-il prévenu, ajoutant que la Russie en serait tenue pour responsable.
Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/2dl
Voir l'annexe de la déclaration sur les sanctions : https://aeur.eu/f/2dm (Camille-Cerise Gessant)