Les membres de la commission d’enquête du PE sur le logiciel espion ‘Pegasus’, lancée en avril (EUROPE 12934/6), ont auditionné, mardi 21 juin, Chaim Gelfand, le responsable de la conformité au sein du groupe israélien NSO ayant conçu le logiciel.
Mais les élus n’ont reçu que peu de réponses sur les agissements des gouvernements européens, comme ceux de la Pologne ou la Hongrie, soupçonnés d’avoir utilisé le logiciel contre des opposants politiques ou des journalistes, le responsable s’en remettant au principe de la confidentialité des contrats passés par NSO. Chaim Gelfand a seulement indiqué aux élus que cinq pays membres avaient fait appel à la société et que celle-ci avait terminé son contrat avec au moins l’un de ces cinq pays et que NSO n'est pas responsable des pratiques des utilisateurs finaux.
Il a aussi assuré que Pegasus n’avait pas été utilisé pour espionner le président français, Emmanuel Macron, ou le journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi.
M. Gelfand a rappelé au préalable l’objectif du logiciel, qui n’est vendu qu’aux gouvernements et agences gouvernementales et sert à « sauver des vies dans le monde entier » et à répondre aux besoins des États qui veulent lutter « contre le terrorisme ou la criminalité ». Les contrats passés par NSO avec ces pays répondent aussi à des obligations strictes, le groupe attribuant par ailleurs des ‘notes’ à ses clients pour définir le niveau de l’État de droit.
À ce titre, le responsable a expliqué que NSO avait cessé des contrats avec des clients ayant eu une utilisation détournée de ce logiciel, par exemple pour écouter des journalistes.
Huit contrats au total ont été arrêtés, à la suite notamment d’articles de presse, a dit Chaim Gelfand, qui a aussi profité de l’audition pour contrer un certain nombre de « fausses informations ». Le groupe NSO ne gère pas Pegasus directement ni ne conserve de données avec « des failles de sécurité ». NSO n’est pas non plus destiné à « une surveillance de masse avec des individus pré-identifiés », s'est-il défendu. (Solenn Paulic)