Les dirigeants européens et des pays des Balkans occidentaux se retrouveront, jeudi 23 juin dans la matinée, pour un sommet destiné à rappeler l’importance de la région pour l’UE alors que leur processus d’adhésion stagne.
« Nous devons redynamiser le processus d'élargissement et faire avancer l'intégration de nos partenaires des Balkans occidentaux », précise Charles Michel dans sa lettre d’invitation aux chefs d’État ou de gouvernement de l’UE.
Ainsi, selon un diplomate européen, la rencontre sera une occasion d’échanger, de dialoguer entre les dirigeants. « Il n’y a pas de résultats concrets attendus », a-t-il expliqué. Une source européenne a prévenu qu’il s’agirait d’une « discussion très franche, qui risque d’être agitée ». Si les dirigeants serbe, macédonien et albanais ont un temps menacé de boycotter la rencontre pour protester contre le manque d’avancées de leurs pays dans le processus d’adhésion, ils ont finalement confirmé leur participation.
Alors que ce processus d'adhésion progresse lentement, voire pas du tout, pour les pays des Balkans occidentaux, les dirigeants européens devraient rappeler, selon un projet de conclusions, l’attachement « plein et sans équivoque » de l’UE « à la perspective d'adhésion des Balkans occidentaux » et appeler à l'accélération du processus d'adhésion.
Ils devraient aussi demander à la Commission, au Haut Représentant et au Conseil de faire progresser l'intégration progressive entre l'UE et la région dès le processus d'élargissement proprement dit, de manière réversible et en fonction du mérite.
La réussite de la réunion dépendra aussi des avancées ou non sur l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord, et par ricochet, l’Albanie. Mercredi, à l'heure de notre bouclage, le gouvernement bulgare venait d'être renversé par une motion de censure, avec 123 voix contre 116, plongeant le pays dans une nouvelle crise politique et compliquant encore davantage la possibilité d'un accord sur l'ouverture des négociations ce jeudi.
Dans une lettre à destination du président du Conseil européen, plusieurs responsables du groupe S&D au Parlement européen ont rappelé que les Balkans occidentaux « méritaient une perspective d'élargissement crédible et un processus d'adhésion prévisible », estimant que l'impasse dans laquelle se trouvent les processus d'adhésion de la Macédoine du Nord et de l'Albanie « envoyait de mauvais signaux à ces deux pays » (https://aeur.eu/f/293 ).
Interrogés sur la possibilité de découpler ces pays et de n’ouvrir les négociations d’adhésion qu’avec Tirana, plusieurs sources ont expliqué qu’un certain nombre d’États membres n’y tenaient pas. L’une d’elles a expliqué que cela serait mal compris au niveau régional et vu comme un « abandon » de la Macédoine du Nord.
Selon des sources européennes, le Conseil européen pourrait discuter du statut de candidat de la Bosnie-Herzégovine à une adhésion à l’UE. Un diplomate européen a expliqué que, si certains États membres ont demandé l'octroi du statut, d’autres pensaient qu’il est encore trop tôt, les progrès sur les 14 priorités définies par la Commission étant « très pauvres ». Il a cependant précisé que l’UE voulait se montrer positive envers le pays et montrer à l’opinion publique – qui fait face à une forte désinformation russe – qu’une perspective européenne est possible, mais liée aux progrès du pays.
Selon le projet de conclusions, le Conseil européen devrait appeler tous les dirigeants politiques de la Bosnie-Herzégovine à mettre en œuvre rapidement les engagements énoncés dans l'accord et à finaliser la réforme constitutionnelle et électorale, « qui permettra au pays d'avancer résolument sur la voie de l'Europe, conformément aux priorités définies par la Commission. Conformément aux priorités énoncées dans l'avis de la Commission afin d'obtenir le statut de candidat à l'UE ».
Voir le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/28j (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)