À peine le résultat du référendum connu, mercredi 1er juin dans la soirée, plusieurs dirigeants européens ont salué le vote de 66,9% des Danois en faveur de la participation du pays à la Politique de défense commune de l’UE.
Membre de l’OTAN, le Danemark bénéficie depuis 1993 d’une clause d’exemption (opt out) sur sa participation à ce domaine, tout comme à l'Union économique et monétaire et l'espace de liberté, de sécurité et de justice.
Qualifiant la décision d’« historique », le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a souligné que cela va permettre au Danemark de participer pleinement à la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l'UE.
« À un moment où il est plus impératif que jamais pour l'UE et ses États membres de renforcer leurs capacités de défense et leur aptitude à agir, cette décision apportera une force et une unité supplémentaires à nos initiatives en matière de PSDC et de défense », a-t-il ajouté.
Le Haut Représentant a précisé que, dès que le gouvernement danois aura officiellement informé les autres États membres de l'UE de sa décision, l’UE sera prête à prendre rapidement toutes les mesures nécessaires pour que le Danemark puisse participer pleinement à tous les aspects de la PSDC. Après la notification officielle de la décision danoise, le Conseil devra adopter à l'unanimité, sur proposition du Haut Représentant, une décision modifiant les provisions liées à la participation du Danemark à la PSDC, ce qui lui permettra de participer à tous les aspects de la PSDC, y compris l'aspect militaire.
Les présidents du Conseil européen, de la Commission et du Parlement ont eux aussi salué le vote, tout comme plusieurs dirigeants européens. Pour Charles Michel, « cette décision sera bénéfique pour l'Europe et rendra l'UE et le peuple danois plus sûrs et plus forts ».
La Première ministre, Mette Frederiksen, qui avait annoncé la tenue d’un tel référendum le 6 mars, soit quelques jours après le début de la guerre en Ukraine (EUROPE 12905/9), a estimé que le Danemark avait envoyé un « signal important » à ses « alliés en Europe et l'OTAN, et (au président russe, Vladimir) Poutine ». « Nous montrons que, quand Poutine envahit un pays libre et menace la stabilité en Europe, nous autres nous nous rassemblons », a-t-elle déclaré.
Avec cette décision, le Danemark va rejoindre l’Agence européenne de défense et pourra participer aux missions militaires de la PSDC. S’il le souhaite, le Danemark pourra aussi rejoindre la coopération structurée permanente (CSP ou PESCO en anglais), mais cela nécessitera une décision supplémentaire, car la participation à la CSP n'est pas obligatoire.
Le vote a aussi une implication financière pour le Danemark, qui devra contribuer au budget militaire sous la Facilité européenne pour la Paix et au budget annuel de l’Agence européenne de défense. (Camille-Cerise Gessant)