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Bulletin Quotidien Europe N° 12957
CONSEIL DE L'EUROPE / Conseil de l'europe

à Turin, le comité des ministres des Affaires étrangères sauve le budget 2022 du Conseil de l'Europe

Clôture de la présidence italienne du Comité des ministres du Conseil de l’Europe oblige, c’est à Turin que les ministres des Affaires étrangères des 46 États membres se sont réunis ce vendredi 20 mai pour tenir leur conférence annuelle.

Marquée par la guerre en Ukraine, cette réunion de haut niveau a notamment examiné les conséquences financières subies par le Conseil de l’Europe après qu’il a exclu la Fédération de Russie, le 16 mars dernier.

En excluant la Russie, le Conseil de l'Europe s’est en effet vu privé d’une part conséquente de son budget global, principalement alimenté par les contributions de ses États membres. En tant que « grand contributeur », Moscou y concourait à hauteur de 7%, ce qui représente, pour 2022, près de 34 millions d’euros sur un total de 477 millions.

Il était essentiel que la conférence interministérielle maintienne la solidarité entre États membres exprimée après le déclenchement de l’agression russe en Ukraine.

On craignait de ne pas y arriver, mais c’est chose faite après un ultime accord donné par Liz Truss, Secrétaire d’État aux Affaires étrangères du gouvernement britannique, jeudi après-midi.

Les 46 États membres, sans exception, majoreront leur contribution qui restera calculée en fonction de leur PIB respectif, l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni y participant plus largement en tant que « grands contributeurs ».

Pour 2022, en tout cas, le Conseil de l’Europe ne sera donc pas affecté financièrement par l’exclusion de la Russie, ce qui est fondamental face aux énormes défis qui l’attendent.

« Soutenir l’Ukraine est une priorité absolue », a dit la Secrétaire générale en ouverture de la conférence, avant d'annoncer une révision du « Plan d’action en fonction des réalités du terrain » et la réouverture du bureau du Conseil de l’Europe à Kiev.

Mais il faut aller plus loin, a-t-elle ajouté, rappelant que, depuis plusieurs années, le Conseil de l’Europe et ses valeurs « ont été constamment attaqués par des populistes et des nationalistes extrêmes », une « ligne directe » pouvant être tracée entre « cette idéologie et les choses terribles que nous avons vues ces dernières semaines à Bucha, Karkhiv et Marioupol ».

Marija Pejčinović Burić estime qu'il est temps de réagir en organisant un quatrième sommet des chefs d’État et de gouvernement du Conseil de l’Europe afin de rendre de la « substance » à l’organisation et à son action.

« Il faut être lucides », a pour sa part déclaré à EUROPE Tiny Kox, président de l'Assemblée parlementaire, « tant le Conseil de l’Europe que l’Union européenne ou l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont failli dans les missions inscrites dans leurs textes fondateurs : prévenir la guerre, maintenir la paix en Europe et construire une union toujours plus grande entre les citoyens. Ce qui n’enlève rien à la pleine responsabilité de la Fédération de Russie dans le déclenchement de la guerre en Ukraine ».

« En tant qu’organisations internationales, nous avons la responsabilité de faire en sorte que les atrocités qui sont perpétrées aujourd’hui en Ukraine ne se reproduisent pas sur notre continent et nous aurons le devoir d’être aux côtés de l’Ukraine lorsqu’il faudra la reconstruire, ce qui coûtera une fortune et prendra des années. Les 46 États membres du Conseil de l’Europe doivent trouver les moyens d’être à la hauteur de la tâche titanesque qui est devant nous. Si nous ne parvenons pas à renforcer l’architecture européenne, la paix et l’unité seront en grand danger sur notre continent ». 

Pour lui aussi, l'organisation d'un Sommet relève de « l'urgence ».

Depuis sa fondation en 1949, le Conseil de l'Europe en a tenu trois : celui de Vienne, en 1993, a lancé sa politique d’élargissement aux démocraties émergentes en Europe centrale et orientale après la chute du Mur de Berlin, celui de Strasbourg, en 1997, avait pour but de donner une impulsion nouvelle à la défense des droits de l’homme et celui de Varsovie, en 2005, s'est concentré sur une redéfinition des priorités du Conseil de l’Europe.

S'il ne s'est pas formellement exprimé en faveur d'une telle réunion au plus haut niveau, le Comité des ministres des Affaires étrangères a toutefois annoncé la mise en place d'un groupe de travail chargé d'examiner la faisabilité d'un événement de cet ordre et de remettre ses conclusions au plus tard le 9 novembre, date de la fin de la Présidence irlandaise lancée ce 20 mai.

Présent à Turin, Simon Coveney, ministre irlandais des Affaires étrangères, a d'ores et déjà annoncé les grandes priorités de celle-ci : renforcement des droits de l’homme et la protection des civils en Europe, promotion de la démocratie participative et de l’engagement des jeunes, promotion d’une Europe de l’accueil, de l’inclusion et de la diversité. (Véronique Leblanc)

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