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Bulletin Quotidien Europe N° 12923
ACTION EXTÉRIEURE / Chine

L'UE attend de Pékin qu'elle prenne position contre l'invasion russe lors du sommet du 1er avril

Le sommet entre l'UE et la Chine est le moment ou jamais, pour l'UE, de convaincre la Chine de ne pas soutenir la Russie dans sa guerre contre l'Ukraine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel, rencontreront virtuellement le Premier ministre chinois, Li Keqiang, dans la matinée du 1er avril, et le président chinois, Xi Jinping, dans l'après-midi. L'ambiance du sommet s'annonce bien plus froide que les rencontres qui ont eu lieu avec divers partenaires ces derniers mois. Aucune déclaration commune n'est attendue à l'issue des réunions et seuls Ursula von der Leyen et Charles Michel s'adresseront à la presse.

« C'est un sommet pendant lequel nous souhaitons voir la Chine utiliser sa place de puissance économique et politique pour renforcer l'ordre international basé sur les règles et soutenir les valeurs qui le définissent », selon une source européenne. Ces derniers mois, la relation entre l'UE et la Chine s'est dégradée. Cela a commencé par l'imposition de sanctions chinoises à l’encontre d'instances de l’UE et de cinq eurodéputés (EUROPE 12683/1, 12708/6), puis par des mesures commerciales chinoises coercitives envers la Lituanie (EUROPE 12869/5, 12878/4).

Plus récemment, la Chine s'est abstenue au Conseil de sécurité des Nations unies sur une résolution condamnant l'invasion russe en Ukraine. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a reçu son homologue russe, Sergueï Lavrov, le 30 mars, avec lequel il a rappelé sa volonté de coopération.

« Ce n'est pas un secret que la Chine joue sur un équilibre qui consiste à maintenir une position qui arrange ses intérêts et je ne pense pas que cela va changer », a indiqué une source européenne. 

La tâche des deux présidents européens sera de convaincre la Chine de prendre position à côté de l'Occident et de ne surtout pas soutenir la Russie. Cela servirait les intérêts chinois avant tout, selon l'UE. « La Chine a besoin de maintenir des bonnes relations avec l'UE », a souligné la même source, s'appuyant sur les exportations chinoises vers l'Europe. « Je ne pense pas que ce soit dans l'intérêt chinois de permettre le contournement des sanctions européennes envers la Russie. La Chine a bénéficié largement de l'ordre international basé sur les règles », a-t-elle ajouté. 

Pour Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, si ce rapprochement entre la Chine et la Russie s'opérait, « ce serait la fin de la mondialisation telle qu'on la connaît aujourd’hui ».

Le président français, Emmanuel Macron, s'est montré optimiste quant à la position de la Chine dans le conflit actuel, lors de sa conférence de presse à l'OTAN le 24 mars. « J'ai parlé à Xi Jinping il y a dix jours. Il partage nos préoccupations, il est contre la guerre. La Chine défend la souveraineté des populations [...] Je peux donc compter sur Xi Jinping en la matière », avait-il affirmé. 

Relations économiques UE-Chine

L'UE souhaite profiter du sommet pour questionner également la Chine sur le futur de ses relations avec l'UE. Cela passe par des discussions sur les points de tensions cités plus haut, en lien avec les sanctions chinoises contre des Européens, les litiges commerciaux, ou encore l'accès pour les entreprises européennes aux marchés publics chinois. 

Les Européens ne sont pas particulièrement optimistes quant au fait que les discussions sur l'Accord d'investissement entre l'UE et la Chine (CAI) puissent être débloquées, d'après une source européenne. Ce sera toutefois l'occasion de demander à la Chine quelles sont ses intentions en vue d'améliorer le contexte de ces discussions.

Par ailleurs, l'UE a récemment initié des procédures en contentieux à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) contre la Chine. La première, qui concerne les mesures chinoises contre les exportations lituaniennes est au stade des consultations. D'après une source, l'UE a reçu des réponses à ses questions adressées à Pékin pour ce différend et est en train de les examiner.

Enfin, les dirigeants devraient aborder d'autres sujets mondiaux, tels que le changement climatique et les questions de santé. L'UE souhaite également tenir une discussion avec les deux interlocuteurs chinois à propos du respect des droits humains. (Léa Marchal avec Camille-Cerise Gessant)

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