Les membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen ont préconisé, jeudi 31 mars, des aides supplémentaires de la politique agricole commune (PAC) pour inciter les exploitants à se convertir à l’agriculture bio.
Cette commission a adopté (par 45 voix pour, aucune contre et aucune abstention) le projet de rapport de Simone Schmiedtbauer (PPE, autrichienne) qui, tout en soutenant le développement de l’agriculture bio, ne mentionne pas explicitement l’objectif demandé par la Commission européenne d’atteindre 25% de surfaces en bio en 2030 (EUROPE 12922/7, 12921/14).
Les eurodéputés rappellent que la part des terres agricoles consacrées à l'agriculture biologique varie considérablement d'un État membre à l'autre et qu'il n'existe pas de modèle agricole unique adapté à tous les pays et régions.
Ils soulignent donc que les États membres de l'UE devraient être soutenus et encouragés par la Commission à établir leurs propres stratégies nationales ou régionales en matière d'agriculture biologique.
Ils demandent un soutien financier suffisant en faveur des agriculteurs, car la production biologique implique souvent des coûts de production plus élevés.
Promotion et certification des produits biologiques. La commission de l'agriculture souligne que le développement et la croissance du secteur biologique doivent être axés sur le marché et s'accompagner de mesures visant à stimuler l'offre et la demande d'aliments biologiques. Elle invite donc la Commission à identifier des instruments permettant aux États membres d'encourager les chaînes de magasins à promouvoir la consommation de produits biologiques.
Pour éviter la fraude et la prolifération de différentes certifications privées, les députés estiment qu'un système européen harmonisé de certification des intrants (inputs) pour l'agriculture biologique devrait être établi.
Les députés demandent instamment à la Commission de renforcer les contrôles douaniers au moyen de mécanismes de contrôle directs et unifiés, en coordination avec les États membres et dans le plein respect du principe de subsidiarité « afin d'empêcher la fraude alimentaire, la falsification et l'importation de produits non conformes aux normes de production biologique de l'Union ».
Engrais et innovations. Les députés encouragent une approche scientifique et des innovations sur les nouvelles sources de nutriments pour les plantes ainsi que la simplification des procédures d'autorisation pour les produits phytopharmaceutiques alternatifs.
La Commission devrait également veiller à ce que des ressources financières suffisantes soient allouées à la recherche sur les semences biologiques, car les innovations scientifiques en matière de sélection végétale peuvent améliorer la résistance des variétés, favoriser la diversité des ressources génétiques et renforcer les systèmes de production alimentaire.
Le PE devrait voter en plénière en mai sur ce rapport, qui porte sur le plan d’action en faveur de l’agriculture bio. (Lionel Changeur)