Les travaux du Parquet européen (EPPO) sur les soupçons de fraude aux fonds européens et de corruption visant l'ancien Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, se sont invités dans les discussions au PE cette semaine. D'après plusieurs sources, le président du groupe PPE, Manfred Weber (allemand), avait réclamé qu'un débat soit ajouté l'agenda de la plénière de la semaine prochaine sur le rôle du Parquet européen.
Le PPE a finalement accepté, le 31 mars, que cette question soit redirigée vers le groupe de suivi compétent, en commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures au PE, d'après deux sources interrogées par EUROPE.
Boyko Borissov a été arrêté le 17 mars dans le cadre d'une enquête pour fraude aux fonds européens et corruption et relâché moins de 24h plus tard. Le parquet européen a confirmé, le 21 mars, avoir reçu plusieurs rapports de Bulgarie concernant ces allégations et que les enquêtes étaient en cours.
Manfred Weber a envoyé une mission parlementaire à Sofia composée des élus Monika Hohlmeier (allemande) et Jeroen Lenaers (néerlandais) juste après l'arrestation.
Les députés du groupe S&D Katarina Barley (allemande) et Elena Yoncheva (bulgare) ont appelé leurs collègues à « arrêter les jeux politiques avec l'État de droit » et à « laisser le Parquet européen faire son travail en Bulgarie sans interférence politique ». « L'État de droit n'est pas un jeu politique avec lequel on joue quand cela arrange nos besoins politiques et nos amis. Politiser des enquêtes en cours est une tentative de la part du PPE de détourner le regard des pratiques sombres observées en Bulgarie par le passé », a déclaré Mme Yoncheva.
Le Premier ministre bulgare, Kiril Petkov, avait également soutenu le travail du Parquet européen à son arrivée au Conseil européen, le 25 mars. Il avait affiché sa méfiance envers le procureur en chef bulgare, en qui il n'a « pas du tout confiance » pour poursuivre Boyko Borissov. (Léa Marchal)