Les ministres des Transports des États membres de l’UE ont discuté, dans le cadre d’une réunion informelle, lundi 21 et mardi 22 février au Bourget (EUROPE 12894/7), des différents volets du paquet 'Fit for 55', présenté par la Commission européenne le 14 juillet 2021 (EUROPE 12764/10).
Une partie importante des échanges ont porté, au cours de ces deux jours, sur la décarbonation du secteur routier (AFIR) (EUROPE 12883/8). « Un large consensus s’est forgé pour l’ensemble des États membres, comme sur le fait d’accélérer le déploiement des bornes de recharge pour véhicules électriques », a déclaré le ministre français des Transports, Jean-Baptiste Djebbari.
En la matière, certains États membres - surtout du nord de l’UE - ont renouvelé leur volonté de garder une certaine flexibilité concernant les distances légales espaçant les bornes de recharge (EUROPE 12883/8).
En la matière, « il y a une convergence sur les objectifs ambitieux avec des adaptations aux spécificités nationales et territoriales », a complété M. Djebbari, ne fermant pas la porte, de cette manière, aux requêtes de certains États membres.
« Dans le nord de notre pays, nous avons des routes de plusieurs centaines de kilomètres qui ne traversent que quelques villes. Un manque de flexibilité pourrait représenter un non-sens », a illustré, auprès d’EUROPE, le ministre finlandais des Transports, Timo Harakka.
En outre, les ministres compétents ont également fait le point sur les différentes technologies disponibles, leur degré de maturité et leur prix.
Sur ce point, plusieurs États membres ont plaidé en faveur d’une stratégie visant à ne pas exclure, dans un premier temps, certaines technologies non neutres, mais plus propres.
« On ne peut pas se permettre de miser juste sur l’électrique ou sur l’hydrogène pour le futur proche. On doit prendre en considération toutes les approches possibles pour promouvoir une mobilité neutre climatiquement », a estimé le ministre allemand des Transports, Volker Wissing.
Le transport maritime et l'aviation également au programme
Les deux textes portant sur les carburants alternatifs dans les domaines de l’aviation (‘ReFuelEU Aviation’) (EUROPE 12878/17) et du maritime (‘FuelEU Maritime’) (EUROPE 12892/33) ont également été abordés.
De « longues discussions sur l’aviation » ont eu lieu, a expliqué M. Djebbari. Sur ce point, l’attention s’est portée, entre autres, sur la décarbonation du secteur via les nouvelles générations d’avions.
Plusieurs États membres, à la suite de la publication d’une lettre conjointe, le 1er février dernier, ont réitéré leur volonté de pouvoir aller plus loin en matière de carburants alternatifs pour les aéronefs (EUROPE 12881/10).
Par ailleurs, la déclaration de l’Autriche, du Luxembourg et de la Belgique, à l’initiative de la ministre autrichienne des Transports, Leonore Gewessler, sur les prix minimums dans l’aviation, a aussi été discutée. Cette déclaration - toujours ouverte aux autres États membres et dont la date de publication n’est pas encore connue - doit amener une réflexion sur le fait de faire peser plus le prix des billets sur les passagers.
« Il pourrait y avoir une régulation en introduisant, par exemple, certaines dispositions pour que les charges et taxes reposent aussi sur les passagers, ce qui permettrait d’avoir une meilleure conscience du prix réel que coûte le fait de voler », a-t-elle expliqué à EUROPE.
Au chapitre du maritime, le ministre français a également estimé que des « avancées notables » avaient été réalisées sur le recours aux carburants propres, sans donner plus de détails. Ce volet, a-t-il toutefois souligné, fait partie des trois textes sur lesquels la Présidence française du Conseil de l’UE veut progresser avant la fin de son mandat, avec l’aviation et les infrastructures de recharge et de carburants alternatifs pour le secteur routier.
Par ailleurs, outre les questions du report modal via les trains de nuit, les trains longue distance et le fret et de l’achèvement du réseau transeuropéen de transport (RTE-T), également soulevées, les ministres sont aussi revenus sur la nécessité d’une meilleure régulation sociale dans le secteur des transports.
« Nous avons rappelé les bienfaits de la libéralisation, mais aussi les problèmes. Nous avons rappelé les pratiques litigieuses et discuté des solutions qui peuvent être apportées, notamment dans un contexte post-Covid et post-Brexit, pour rétablir une saine concurrence », a indiqué Jean-Baptiste Djebbari. (Thomas Mangin)