La condamnation de la reconnaissance des territoires séparatistes par la Russie a été quasi-unanime et transpartisane au Parlement européen, lundi 21 et mardi 22 février.
Ainsi, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a dénoncé sans ambage, lundi 21 février dans la soirée, les annonces faites par le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine. Il s'agit d'« une violation flagrante du droit international, de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et des accords de Minsk », a-t-elle estimé. Et d'assurer que l’Union européenne n'abandonnera pas le « peuple ukrainien » à « ses agresseurs ».
Même réquisitoire du côté des présidents et coprésidents de groupes politiques. Manfred Weber (PPE, allemand), Iratxe García (S&D, espagnole), Stéphane Séjourné (Renew Europe, français), Manon Aubry (La Gauche, française), Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge), Ryszard Legutko (CRE, polonais) ont tous condamné la violation du droit international et le risque que pose la décision russe pour la sécurité européenne.
Le PE a publié un communiqué rapportant une condamnation unanime des « principaux » eurodéputés (‘leading MEPs’), en l'occurrence en très grande partie des eurodéputés PPE et CRE, d’origine allemande ou polonaise.
Il s’agit notamment du président de la commission des affaires étrangères, David McAllister (PPE, allemand), du président de la délégation à la commission d'association parlementaire UE-Ukraine, Witold Waszczykowski (CRE, polonais), du président de la délégation à la commission de coopération parlementaire UE/Russie, Ryszard Czarnecki (CRE, polonais), du rapporteur du Parlement européen sur l'Ukraine, Michael Gahler (PPE, allemand), ou encore du rapporteur permanent du PE sur la Russie, Andrius Kubilius (PPE, lituanien).
Quelques voix discordantes se sont faites entendre, à l’instar de Mick Wallace (La Gauche, irlandais), qui a regretté que le Royaume-Uni et les États-Unis arment des milices « nazies » en Ukraine en vue de porter préjudice à la Russie. Manu Pineda (La Gauche, espagnol) a repris sur son compte Twitter des enquêtes selon lesquelles le gouvernement américain aurait financé un « récit anti-russe » en Ukraine. De l’autre côté du spectre politique, Jordan Bardella (Identité et Démocratie, français) a rappelé la nécessité pour son pays de sortir de l’OTAN, citant feu le général Charles de Gaulle.
UEFA. Enfin, plusieurs eurodéputés, dont Tiziana Beghin (NI, italienne), ont écrit à l'UEFA pour lui demander de ne plus organiser de compétitions footballistiques dans des stades russes et de mettre un terme au contrat de sponsoring qui lie l'organisation au gazier russe Gazprom. (Pascal Hansens)